Mensonges et omissions médiatiques sur le Venezuela

Mensonges et omissions médiatiques sur le Venezuela

Suite aux violences de février dernier, au Venezuela, provoquées par des groupes fascistes liés à l’opposition de droite, le directeur états-unien du Center for Peace and Justice, Tom Hayden, dénonce la désinformation et critique la presse internationale pour ne pas avoir montré la vraie version des faits. Les nouvelles internationales, dit-il, montrent un appui évident aux violentes protestations présentées comme pacifistes et, ce faisant, participent aux manipulations de l’étranger pour renverser le gouvernement légitime de Nicolas Maduro.

Presque tous les grands médias du monde ont suivi ce courant, répétant des faussetés parfois énormes et taisant des pans entiers d’information qui, autrement, auraient contredit la teneur anti-gouvernementale de leur message.

Ainsi, il est faux de dire que les protestataires sont des étudiants. L’appel à prendre la rue ne venait aucunement du mouvement étudiant, mais d’un parti d’extrême-droite, Voluntad popular, fondé et dirigé par Leopoldo Lopez, l’un des protagonistes du coup d’État de 2002.

Les étudiants qui étaient là représentent un très faible échantillon d’une population étudiante qui bénéficie de la gratuité scolaire de la maternelle à l’université, de portables gratuits pendant leur scolarité et d’un système d’éducation dont le nombre d’enseignants a été multiplié par cinq depuis douze ans.

Les manifestations n’avaient rien de pacifique non plus. Des groupes de choc comprenant parfois des centaines de personnes casquées, cagoulées et coordonnées par des radios à ondes courtes, ont détruit des édifices publics et des stations de métro, incendié des abribus et des véhicules, bloqué la circulation, lancé des pierres et des cocktails-Molotov et provoqué, accidentellement ou volontairement, les trois quarts de la vingtaine de morts survenues durant ces violences.

Les leaders de ces actions de rues, comme Lopez, Corina Machado et Antonio Ledesma, sont les mêmes que ceux du coup d’État de 2002 (qui n’a rien eu de pacifique si on se rappelle les tireurs d’élite sur les toits semant la panique dans la foule) et du déchaînement de haine qui, au soir de l’élection présidentielle d’avril 2013, causaient la mort de onze partisans chavistes.

Il est faux également de laisser croire que les protestations étaient généralisées alors qu’elles étaient concentrées dans les quartiers aisés de Caracas, dans quelques autres villes administrées par l’opposition, et dans les régions frontalières d’une Colombie qui laisse plutôt tranquilles ses paramilitaires d’extrême-droite. Les secteurs populaires vénézuéliens n’ont pas participé à ce mouvement.

Il n’est pas vrai non plus que la garde nationale bolivarienne et d’autres éléments chavistes infiltrés dans les cortèges ont systématiquement battu, assassiné et même torturé des opposants. Les forces gouvernementales ont agi avec mesure compte tenu de la présence de civils armés parmi les manifestants et du fait que les forces policières chargées d’encadrer les manifestations appartenaient pour la plupart à des villes gouvernées par l’opposition.

En fait, écrit la journaliste argentine, Stella Calloni, il n’y a tellement pas eu de répression que les fascistes l’ont inventée, publiant sur les réseaux sociaux des photos de violence répressive provenant d’Égypte, du Chili, de Turquie ou de Grèce ! De plus, ils réclament la libération des fauteurs de violence arrêtés qui sont pourtant supposés être des chavistes infiltrés !

La propre épouse de Leopoldo Lopez, Liliana Tintori, a déclaré à la chaîne AlbaTV que le gouvernement protège son mari contre certains secteurs fascistes qui, voulant provoquer un impact fort et émouvoir davantage la société, voudraient tuer leur propre leader. Cela explique, dit-elle, que Lopez se soit livré aux autorités.

Un autre mensonge consiste à prétendre que la population en a assez d’un gouvernement qui s’accrocherait au pouvoir.

Or, moins de deux mois avant les violences de février, malgré l’inflation et les pénuries, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) de Nicolas Maduro remportait 76% des mairies du pays, battant la droite par 11 points de pourcentage dans des élections municipales que celle-ci qualifiait pourtant de plébiscite sur le gouvernement.

Dans les récents mois, le Venezuela a connu quatre suffrages décisifs : deux élections présidentielles, une des gouverneurs et les municipales. Toutes ont été gagnés par le bloc révolutionnaire bolivarien et aucun résultat n’a été contesté par les missions d’observation électorales internationales.

De plus, le soi-disant autoritaire Venezuela est le premier pays de l’histoire des États-nations à instaurer et appliquer un référendum révocatoire, à mi-mandat d’une période présidentielle. L’opposition s’en est servie en 2008 et a été une fois de plus battue décisivement.

Le gouvernement n’est pas, non plus, l’unique responsable des problèmes du pays. La population sait que les rétentions de produits essentiels pour provoquer des pénuries, la fuite de capitaux et la manipulation de l’insécurité sont des tactiques que l’opposition a déjà employées, notamment, en 2003, lors des 64 jours qu’a duré la grève patronale et des cadres de la pétrolière PDVSA.

La récente stratégie gouvernementale contre cette nouvelle guerre économique a eu des résultats positifs et un plan pour vaincre l’insécurité citoyenne s’est gagné l’adhésion d’une grande partie de la population incluant plusieurs secteurs non-chavistes.

Nos médias ont aussi omis plusieurs autres faits essentiels. Par exemple, que le Venezuela n’est pas seulement une démocratie électorale, mais aussi sociale, économique et culturelle.

Dans les douze dernières années, depuis que les chavistes contrôlent l’industrie pétrolière, le pays a connu un grand développement : la pauvreté a baissé de moitié, l’accès à l’éducation, aux soins de santé et aux pensions de vieillesse (qui incluent les travailleurs du secteur informel) a augmenté de façon spectaculaire. Le salaire minimum grimpe entre 10% et 20% chaque année, l’État distribue des aliments et des logements à prix accessible, aide les petites entreprises et a éliminé l’analphabétisme.

Les Vénézuéliens ne sont pas des idiots : devant une telle performance de gouvernement échelonnée sur quinze ans à l’échelle de tout un pays, les violences et sabotages économiques de quelques milliers de privilégiés, quoique sérieux et inquiétants, ne les convaincront pas facilement de retourner en arrière.

Entre autres non dits médiatiques, il faut mentionner les quelques centaines de millions de dollars accordés depuis 15 ans aux secteurs qui sont à l’origine des violences de février, par des agences, instituts, fondations et ONG états-uniens.

Il faut aussi mentionner l’appui international reçu par le Venezuela de la part des 120 pays du bloc des non-alignés, de l’Union des nations sud-américaines(UNASUR) qui, le 12 mars, rejetait toute ingérence étrangère dans ce pays et même de l’Organisation des États américains (OEA) quand, le 7 mars, 29 pays latino-américains sur 30 votaient contre le Canada, les États-Unis et le Panama qui voulaient une réunion pour débattre de la situation au Venezuela.

Ce qui inquiète surtout dans ce piètre traitement médiatique, nous dit le sociologue vénézuélien, Emiliano Teran Mantovani, est qu’il prend partie pour des révolutions de plus en plus composées d’éléments fascistes.

Citant les fondamentalistes musulmans financés par l’Arabie saoudite, en Syrie et en Lybie, les ultranationalistes et néo-nazis du mouvement Svoboda, en Ukraine, et les fascistes vénézuéliens de groupes tels Orden et Voluntad Popular, Mantovani croit qu’à la globalisation de la crise capitaliste, commence à répondre une globalisation du fascisme avec sa haine et son irrespect des majorités populaires.

Source : mondialisation.ca

Fauxccupy : quand tombe le masque de Guy Fawkes de l’opposition vénézuélienne

Fauxccupy : quand tombe le masque de Guy Fawkes de l’opposition vénézuélienne
guy-fawkes-mask-for-vendetta-114512

"Vous m'etedez Fernando ?" En direct du Vénézuela avec les "jeunes étudiants contestataires" : Fernando Rincon de CNN.

Poussées par la faim et les pénuries, les masses vénézuéliennes protestent contre la terreur du castro-communisme.

Par Roberto Lovato – Latino Rebels, le 14 mars 2014

Caracas – Les news et l’imagerie disponibles sur le Venezuela de ces dernières semaines mèneraient l’homme de la rue à conclure que les jeunes d’opposition sont des “manifestants pacifiques” dans la lignée de l’activisme global des jeunesses du “printemps arabe”, du mouvement Occupy ou d’autres pays d’Amérique Latine. Une telle conclusion serait erronée tant les informations sur le Venezuela relèvent de pratiques journalistiques très contestables, sur une échelle sans précédent.

Qu’on considère, par exemple, les personnes tuées dans les deux camps. Les médias privés (en anglais ou en espagnol) ont omis de couvrir les huit (et plus) victimes pro-chavistes des violences perpétrées par les étudiants ou par le reste de la droite. Aucun n’enquête sur les dénonciations selon lesquelles les morts sont en majorité imputables à l’opposition. Le gommage radical des victimes pro-chavistes est surprenant.

s6gjS9fl

L’image ci-dessus montre, par exemple, des membres de la droite vénézuélienne tendant un fil barbelé qui a décapité un cycliste innocent, Rafael Durán de La Rosa, mort omise par la plupart des médias. Autre exemple du silence, l’assassinat de l’étudiante chilienne Gisella Rubiar le 9 mars à Mérida, tombée sous les balles de militants d’extrême droite alors qu’elle tentait de dégager une rue obstruée par leur barricade.

Un autre aspect de ce traitement très spécial des médias sur le Venezuela concerne les images des masques de Guy Fawkes, symbole des mouvements anti-capitalistes popularisé par Hollywood et, plus récemment, par les manifestations du mouvement Occupy.

Faux1

La semaine dernière j’ai interviewé des membres de l’opposition, parmi lesquels des dizaines de jeunes. Presque tous ceux-ci sont des étudiants de classe moyenne et supérieure vivant dans les quartiers ultra-élitaires de Caracas, les plus riches des Amériques. Lorsque je leur demandai s’ils se définissaient comme “anarchistes” ou “marxistes” ou comme partisans d’une des idéologies qui ont caractérisé la plupart des oppositions historiques ou actuelles dans la région, ces étudiants ont uniformément répondu par la négative, certains y allant parfois d’un “para nada!” (“pas du tout !”) ou d’équivalents espagnols de “Jamais de la vie !”

Certains des interviewés m’ont dit s’identifier à des militaires tels que le Généralissime Marcos Pérez Jiménez, ancien et très répudié dictateur. Ils se sont également reconnus dans l’opposition vénézuélienne, emmenée par trois membres de l’élite du pays —Henrique Capriles, María Corina Machado et Leopoldo Lopez— tous trois impliqués dans le coup d’État de 2002 contre Hugo Chávez et possédant des liens familiaux direct avec les propriétaires ou les plus hauts dirigeants des plus importants conglomérats privés du Venezuela et du continent.

Or, si l’opposition du Venezuela est dirigée par des milliardaires dans un pays pauvre et si, au lieu de combattre les initiatives multi-millionaires de la politique des USA (comme le font la plupart des mouvements latino-américains), cette opposition reçoit des millions de dollars du département d’État, comment comprendre toutes ces images d’étudiants portant un symbole associé aux mouvements de gauche ?

La réponse est triple. La première est que l’idée de porter ce masque face aux caméras fait partie de la très sophistiquée formation aux médias que les étudiants ont reçue de OTPOR/CANVAS et d’autres consultants loués avec les millions de dollars US. La deuxième est que des étudiants commettant des violences et qui craignent les sanctions ont besoin de se cacher. Enfin, c’est la logique du marché, il y a des personnes achetant des masques parce que c’est cool ou d’autres qui y voient une aubaine commerciale, comme j’ai pu l’observer dans les photos que j’ai prises la semaine passée.

fauxccupy-vRL2Faux4RL-1024x9813

Sans analyser de près l’imagerie dominante, sans examen minutieux de ce qu’est l’opposition vénézuélienne, on risquerait de la confondre avec quelque chose comme le Che Guevara ou Occupy ou le Printemps Arabe. Mais avec des dirigeants de la droite étudiante comme Lorent Saleh, lié aux paramilitaires de l’ex-président Uribe et à des groupes néo-nazis colombiens (voir El Espectador du 21/7/13) (1) ou Yon Goicochea qui a reçu les 500.000 dollars du prix “Milton Friedman” et d’autres financements privés ou gouvernementaux des États-Unis, il y a beaucoup plus derrière les masques de Guy Fawkes au Venezuela que ceux que nous laissent voir les médias. Et peut-être que nous voyons naître quelque chose de nouveau et radicalement différent dans le continent insurgé de l’Amérique : Fauxccupy

Note :

(1)  http://www.jornada.unam.mx/2014/03/04/opinion/021a1pol

 L‘auteur : Roberto Lovato est écrivain, journaliste et co-Fondateur de  Presente.org, une des principales associations on-line de défense des droits des immigrants latino-américains aux États-Unis. Une de ses enquêtes sur l’exploitation des travailleurs immigrés à New Orleans après les ravages de Katrina, Gulf Coast Slaves, a servi de matériel pour une enquête du Congrès. Producteur de programmes de radio et collaborateur régulier de dizaines de médias dont Nation magazine et Huffington Post. Lire son blog. Twitter : @robvato.

Source : http://www.latinorebels.com/2014/03/13/fauxccupy-the-selling-and-buying-of-the-venezuelan-opposition/

Photos : Roberto Lovato

Traduction de l’anglais : Thierry Deronne

“Les collectifs sont synonymes d’organisation, non de violence”, ou pourquoi les médias internationaux n’ont jamais parlé de la démocratie participative en construction depuis 15 ans

“Les collectifs sont synonymes d’organisation, non de violence”, ou pourquoi les médias internationaux n’ont jamais parlé de la démocratie participative en construction depuis 15 ans

Un des traits de l’extrême-droite qui s’est récemment insurgée contre les résultats électoraux au Venezuela ou au Salvador est sa “culture paramilitaire”. L’idée est de détruire tout ce qui bouge en matière de démocratie participative, assassiner sélectivement des dirigeants communaux, installer une culture de la peur. Les médias privés, hégémoniques dans ces deux pays, contribuent à cette campagne de  criminalisation des mouvements sociaux. C’est sur ce combat d’arrière-garde (mais aussi et surtout sur la construction de l’État communal, occultée depuis quinze ans par les médias internationaux) que le journaliste Clodovaldo Hernandez a interrogé le sociologue critique et enseignant universitaire Reinaldo Iturizza, nommé Ministre de la Commune et des Mouvements Sociaux par Nicolas Maduro.

Foto 4-776091

Par Clodovaldo Hernandez/Spécial Ciudad CCS.

Clodovaldo Hernandez – Nous assistons depuis peu, à une entreprise de criminalisation des organisations populaires. A l’instar de ce qui s’est produit en 2002, avec le cas des Cercles Bolivariens, on prétend aujourd’hui attribuer la responsabilité du recours à la violence aux « collectifs » que l’on qualifie de groupes para-militaires armés. Selon vous, ce type de matrice risque-t-elle de s’imposer à l’opinion, à l’image de ce qui s’est déroulé en 2002 ?

Reinaldo Iturizza – C’est déjà fait. On le voit à travers les très délimitées mais néanmoins intenses démonstrations de haine qui se manifestent sur le territoire de certaines communes du pays. Elles sont parties prenantes de la culture politique propre à un secteur spécifique de l’opposition vénézuélienne. Je persiste à penser -je ne sais si cela dénote une certaine forme d’ingénuité- que tout cela relève d’une attitude minoritaire.Je connais de nombreuses personnes qui ne sont pas chavistes, mais qui ne pensent pas pour autant ainsi. Nous sommes toutefois en présence d’un noyau très dur de l’opposition qui s’avère être véritablement et ouvertement fasciste.

Q – Cette forme de contestation atteint-elle les rangs des partisans de la Révolution ?

R – En aucun cas la base sociale du chavisme n’a été sensible à ce type de discours. De fait, je suis convaincu que lors du coup d’État contre le président Chavez en avril 2002, les multiples démonstrations de force (les marches) de l’opposition, furent rendues possibles du fait que le registre de la « peur » avait été très habilement instrumentalisé par celle-ci.

Une forme de crainte essaima et s’empara de nombreuses personnes, se traduisant ainsi : le chavisme aurait été violent et criminel. Les retombées de ce travail psychologique ont perduré, et nous n’avons pas réussi à en effacer complètement les effets. Je crois que nous allons être confrontés à un type de scénario identique que nous avons le devoir de combattre et ce, jusqu’à ce que la volonté de paix émanant de la majorité du peuple, s’impose durablement.

consejos_comunales-3

Q. – Cette campagne de diabolisation des collectifs retentit-elle sur eux, et contribue-t-elle à instaurer un climat d’usure au sein des diverses formes d’expression de pouvoir populaire tels que les conseils communaux et les communes qui l’incarnent ?

R – En aucune manière. Sur le plan interne, il se produit au sein des collectifs le même type de réaction que lorsque le fascisme s’en prend au chavisme d’une manière générale: les gens se regroupent et la cohésion de groupe en sort renforcée. Les actions récentes de l’antichavisme, dont la virulence est bien supérieure a ce qui s’est déroulé dans le passé, ont favorisé la montée en puissance d’un effort décisif, s’enracinant dans l’approfondissement du travail des collectifs à l’intérieur de leurs communautés respectives.

Dans certains quartiers, les collectifs exercent un rôle jamais égalé, qui consiste à s’occuper prioritairement de secteurs aussi importants que la formation politique et les diverses formes d’expression culturelles et sportives. Par ailleurs, de nombreuses facettes des politiques mises en chantier par le gouvernement bolivarien – par exemple les Missions sociales – trouvent une application concrète du fait de l’existence de ces collectifs.

Q – Quelle est la réalité de la relation qui unirait les collectifs et le recours aux armes ?

R – Il n’est pas possible d’établir un lien entre les collectifs et le recours aux armes. Je crois que sur ce plan, le président Chavez en premier lieu, et le président Maduro plus récemment se sont fixés une ligne de conduite, sans la moindre équivoque : quiconque prend les armes au motif qu’il serait nécessaire de défendre la Révolution Bolivarienne se place hors jeu et hors la loi. Parce que c’est l’Etat et personne d’autre qui possède le monopole de la force comme obligation démocratique. Nous avons par ailleurs à fournir un effort d’explication à ce sujet, afin d’écarter le risque qui consisterait à focaliser le débat sur les termes de cette alternative. Car pour nous, l’action des collectifs ne peut en aucune manière se dérouler sur le terrain de la violence ou des armes, mais sur celui de la participation, de l’organisation et de la mobilisation populaire, du travail en commun avec un gouvernement révolutionnaire, afin de résoudre les problèmes concrets qui se posent aux communautés.

Q – Etablir un lien entre les collectifs et la violence, correspond-elle à une ligne politique qu’adopterait la droite contre la capacité organisationnelle du peuple ?

R – Cette ligne est claire et s’inscrit indubitablement dans la durée. Dans ce domaine, l’action de l’antichavisme est parfaitement cohérente. Il sait qu’afin d’atteindre les objectifs politiques qu’il s’est assigné, il est nécessaire de criminaliser quelque forme que ce soit, d’organisation populaire. Parce que cette dernière est le principal obstacle à abattre sur la voie qui doit mener à la défaite de la Révolution. Les tenants de l’antichavisme savent pertinemment que plus le peuple affiche clairement sa volonté de s’organiser, plus les chances de mettre en déroute la Révolution s’amenuisent. Nombre d’entre eux manifestent la ferme intention de se lancer dans une entreprise de démoralisation des masses révolutionnaires.

Très habilement, en 2012, Capriles Radonski entouré de son équipe de campagne présidentielle se plaça dans cette perspective, lorsqu’il aborda le thème du pistonné (“enchufado”). A aucun moment, cette initiative ne déstabilisa les hauts dirigeants. Elle visait cependant à incriminer les Conseils communaux et ses porte-parole. Pour ce faire, il s’est appuyé sur l’existence en nombre minoritaire, de cas de pratiques douteuses et de corruption. Ils avaient d’ailleurs été signalés par les membres eux-mêmes des Conseils communaux. La campagne de Capriles Radonski a par conséquent consisté à démontrer que ces cas isolés relevaient de pratiques inhérentes à l’ensemble des Conseils communaux en tant que tels. La manœuvre, si elle avait atteint son but, aurait débouché sur la destruction de cette structure organisationnelle.

petare-4Asambleas Comunitarias Amayito 081.redimensionado

La droite sait qu’au travers des Conseils communaux, c’est le peuple qui se manifeste par sa participation active. Le peuple a qui n’avait jamais été donné auparavant, la capacité d’occuper le champ de la politique active ; a qui n’avait jamais été donné auparavant la faculté d’administrer ses propres ressources. C’est pourquoi les Conseils communaux représentent autant d’espaces fondamentaux au sein desquels il est donné à la Révolution Bolivarienne, la possibilité de s’épanouir.

C’est également la raison pour laquelle il est nécessaire pour la droite de les soumettre au feu roulant de ses critiques. L’enjeu essentiel consiste à ce que le peuple ne croie plus en ses propres potentialités; qu’il considère ses porte-parole et ses organisations ad hoc, comme un problème et non plus telles qu’elles sont réellement, c’est-à-dire une partie constitutive de la solution.

Finalement, la droite et tout particulièrement son aile fascisante, sont guidées par une raison conjoncturelle qui les incitent à criminaliser les structures populaires de type collectif. Car il s’agit de rejeter sur elles, la responsabilité d’actions violentes dérivant de leurs propres rangs ; d’avoir à leur disposition un coupable désigné d’avance, qui leur laisse la latitude de prétendre que la violence viendrait d’ailleurs.

UN PROFOND BOULEVERSEMENT CULTUREL

Q – Outre ce genre de campagnes, les organisations populaires affrontent d’autres difficultés. La prédominance au sein même des secteurs populaires, de valeurs inhérentes au capitalisme telles que l’individualisme et l’égoïsme, sont des exemples à citer. Comment appréhendez-vous ces questions, vous qui en avez été dans un premier temps le théoricien, et qui depuis quelque temps, les percevez à travers une expérience pratique directe ?

R – Je crois que la faculté de survie du processus politique en cours, tient dans sa capacité à réinventer d’une manière récurrente ses propres formes et espaces de participation et d’organisation. Le president Chavez s’appuya sur un principe : dépasser/amender la logique de la démocratie représentative, et les espaces traditionnels de participation. Il ne s’agit toutefois pas de faire abstraction des partis et des syndicats.

Nous nous efforçons néanmoins de réinventer d’une manière systématique l’exercice effectif de la politique. Je reconnais qu’à un certain moment, j’étais convaincu de la nécessité de réviser et réinventer le mode de fonctionnement des Conseils communaux. Cependant, lorsque j’ai commencé à vivre concrètement mon expérience de ministre -notamment lorsque nous avons jeté les bases du Gouvernement dans la rue- je me suis mis à comprendre nettement mieux, l’idée que le président Chavez se faisait des Conseils communaux, quand il en a conçu la nécessité. C’est à ce moment-là, je l’affirme avec humilité, que j’ai saisi l’importance de la place stratégique, que les Conseils communaux occupent au sein même de notre Révolution. Par voie de conséquence, j’ai estimé à sa juste mesure ce qui se fit au sein de ce Ministère, avant l’accession aux affaires de l’équipe qui m’accompagne.

vida_en_el_municipio_1

Il n’y a pas un seul lieu du pays qui soit dépourvu d’organisation populaire. Partout, il se trouve des gens qui savent où se situent les problèmes les plus importants… En vérité, aucun d’entre nous n’a manifesté la capacité suffisante à rapporter l’histoire de l’impressionnante et profonde transformation, qui s’est opérée en matière de culture politique. En règle générale, les gens qui assument la fonction de porte-parole au sein de ces organisations, prêteront une moindre attention à leurs problèmes individuels et familiaux. En revanche, ils s’intéresseront prioritairement aux questions à résoudre ayant trait aucollectif dans son ensemble.

Il est indéniable, qu’il subsiste ici et là des cas d’individualisme. Il est parfois possible de constater que la communauté ne s’implique pas autant qu’il le faudrait dans la recherche de solutions aux problèmes qui lui font face. Elle se décharge de toute responsabilité en se tournant vers ses porte-paroles, qui ne souhaitent pas endosser le rôle de représentants permanents… Cependant, ils finissent par endosser ce rôle du fait de l’absence de participation de la majorité des gens concernés.

Nous rencontrons par ailleurs des problèmes liés à une réactivité défaillante des structures institutionnelles et de l’Etat, lorsqu’ils doivent répondre aux sollicitations émanant des Collectivités. Or, si le temps de réaction est trop long, les porte-paroles qui assument la fonction d’intermédiaires entre ceux-là et celles-ci, se trouvent en porte-à-faux vis-à-vis de ceux qui lui confient cette tâche.

L’image de l’Etat en pâtit également. En tout état de cause, cette génération d’hommes et de femmes -surtout les femmes- qui ont assumé ces lourdes responsabilités, qui ont donné corps au protagonisme collectif, méritent qu’on leur rendent hommage, bien au-delà des formalités d’usage.

Tôt ou tard, c’est à nous qu’il incombera de mettre en valeur l’énorme travail qui a été réalisé au sein de ces nouveaux espaces de citoyenneté. Dans le même temps, il nous revient d’être très fermes, lorsque nous nous trouvons confrontés à des cas qui démontrent que les assemblées de citoyens et de citoyennes ont été abusées. Nous songeons à ceux qui usent de leur charge de porte-parole aux fins d’enrichissement personnel ou au profit d’individus ou de petites coteries. Tout cela doit être sanctionné. Ce sont des obstacles qui se dressent face au chemin que se tracera toute révolution. Ils peuvent être néanmoins vaincus, parce qu’ils ne représentent que des cas isolés.

comunas980x600Cariacuao-1

Q – Ce que l’on appelle la “contraria social”, a-t-elle gagné du terrain parallèlement à ces changements qui remodèlent la culture politique vénézuelienne ?

R – Lorsqu’on aborde le thème de la conduite de ses propres affaires par le peuple, de nombreux préjugés surgissent. On dit que nous sommes en train de donner aux gens la capacité de prendre en mains leurs propres affaires, alors qu’ils ignorent tout des règles de l’administration générale. Il ne faut pas oublier que le chemin que nous empruntons vient tout juste d’être défriché. Nous parlons en outre d’un peuple à qui l’on n’a jamais suggéré de participer à la gestion de ses ressources. Il est évident que lorsque nous avons affaire à une première fois, les problèmes ne manquent pas de se manifester. Cela ne signifie en aucune manière que l’on doive adopter la posture complaisante du « laisser aller » et du « laisser faire ».

En revanche, il nous faut fournir des efforts afin de viabiliser les pratiques inhérentes à la contraria social. Il faut veiller à ce que le contrôle populaire en matière de gestion, soit amélioré. Cela implique par exemple, que l’Etat y mette du sien, en faisant en sorte que l’ensemble de ces processus se « débureaucratisent ». Il se doit également d’être encore plus efficace, dès lors qu’il s’agisse d’appuyer les communautés manifestant le souhait de soutenir leurs Conseils communaux respectifs.

LES MÉDIAS, LE TRAVAIL QUI RESTE À FAIRE

Q – Il est clair que les médias privés s’opposent aux diverses formes d’organisation populaire. Par contre, que se passe-t-il au sein du secteur public et des médias populaires, communautaires ou alternatifs ? Ont-ils progressé dans leur tâche visant à contrebalancer le poids de ces systèmes destructeurs ?

R – Je crois que nous avons avancé à pas très lents. Mais le président a beaucoup insisté pour metttre en oeuvre des projets comme la télévision de la commune, VTV Comunas, dont nous verrons bientôt les premières images. Sur ce thème nous avons réfléchi et je peux dire, de manière auto-critique, qu’il nous reste beaucoup, beaucoup à faire pour avancer dans la diffusion de tout ce que réalise le pouvoir populaire. Il s’agit de raconter beaucoup d’histoires qui se passent en ce moment précis simultanément, dans beaucoup d’endroits, au moment précis où nous nous exprimons. Ce sont des milliers et des milliers de personnes qui ont quelque chose à dire. Et que l’on doit entendre. Il nous reste beaucoup à faire.

Q – L’un des secteurs partie prenante de la Révolution, qui occupe une place importante au sein du débat idéologique, affirme que l’organisation du peuple sur la base des Conseils communaux et des communes, ne peut mener au socialisme, au motif que cette structure organisationnelle enfante une sorte d’individualisme incitant les milieux concernés à s’occuper de leurs intérêts spécifiques. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

R – Je ne suis absolument pas d’accord avec cette analyse. Je répète pour ma part, que le destin de la révolution est subordonné au fait qu’elle se donnera ou non, la capacité à inventer ou réinventer des formes de participation inédites. Le président Chavez s’est exprimé clairement à ce sujet, au moment où le processus révolutionnaire en était encore à ses premiers balbutiements. Il avait clairement conscience du fait qu’il serait nécessaire de susciter l’émergence de formes de participation pourvues d’une logique réticulaire.

En octobre 2012, il évoqua l’existence de cette immense réseau qui s’étend sur l’ensemble du territoire de la Patrie. Cette logique réticulaire se différencie des formes traditionnelles de participation. Je suis quant à moi, un ferme défenseur du parti parce qu’il est nécessaire à l’accomplissement de tâches/devoirs spécifiques. Cependant, toute révolution se doit d’explorer en permanence le champ des structures organisationnelles, et ne pas se cantonner uniquement à la forme d’un parti. Je n’affirmerai cependant pas que les Conseils communaux s’avèrent être la configuration ultime de la participation.

Il me semble toutefois qu’en ce moment historique précis, la continuité de la Révolution Bolivarienne repose sur eux. Si les Conseils municipaux n’existaient pas, la Révolution Bolivarienne ne serait pas soutenue telle qu’elle l’est. Si tout cela devait s’améliorer dans le futur, on ne pourrait que s’en féliciter. Cela reste à voir. En tout état de cause, la décision ne relèvera en aucune manière d’une personne quelconque qui formulerait une analyse politique. C’est au peuple vénézuelien, qui a élu les dirigeants politiques actuels, qu’échoit cette responsabilité. Je crois que les conditions sont réunies pour s’en remettre avec confiance au peuple et à la direction politique de la Révolution.

Depuis quelques mois, le président Maduro démontre qu’il est certes, le président légitime et constitutionnel, mais aussi un leader politique de la révolution, qui se révèle peu à peu. C’est parfois difficile de songer à un autre leader après une personnalité aussi marquante que celle de Chavez. Je crois cependant que Maduro réussit à atteindre des objectifs qui lui sont propres. C’est une réflexion à laquelle devrait s’adonner les bolivariens issus des rangs de la vieille gauche. S’ils manifestaient un tout petit peu plus de confiance envers les gens, peut-être réussiraient-ils ce que Chavez réalisa à partir de 1998.

REPORTAJE-DIANA-2fal2707_3

UNE DÉFINITION POURVUE D’UNE ÂME.. MAIS AUSSI DE CHAIR ET D’OS.

Qu’est-ce qu’une Commune ? C’est la question que se posa le sociologue Reinaldo Iturriza lorsqu’il accéda à la fonction de Ministre du Pouvoir Populaire pour les Communes et les Mouvements sociaux. Inutile de recourir à une définition purement académique. « Cette définition doit découler d’une considération d’ensemble, pourvue d’une âme, mais aussi de chair et d’os. Dès le départ, nous avons eu cette conviction : cette explication, ce sont les femmes et les hommes, en tant que parties constitutives des Communes, qui doivent l’apporter. Sans cela, personne n’en comprendra le sens profond » dit-il.

Il s’est par ailleurs penché sur un autre type d’interrogation : Qu’est-ce qui fait, que les gens souhaitent se constituer en commune ? Les diverses conversations qu’il a entamé avec les acteurs sociaux concernés l’incite à être très optimiste. Bien évidemment, de très nombreuses personnes se sont mobilisées. Et ce, grâce à la capacité de réveiller, de stimuler politiquement que Chavez a manifestée. Il est cependant possible de discerner l’existence d’autres raisons à cette mobilisation, différant de celles qui relèvent du rôle décisif/stratégique qui incombe au leader. « Il existe nombre de raisons qui inspirent l’action des gens, et qui feront finalement la différence. Ce sont celles-ci que nous nous devons de diffuser » commente-t-il.

Intégré à un cabinet ministériel après avoir acquis une grande notoriété en tant qu’analyste politique très pointu, Iturriza a bénéficié d’une rare opportunité : parcourir le pays et par conséquent, approcher de près ce que l’on nomme le “pouvoir populaire“. Alors que pour d’autres, tout cela relève de la pure abstraction. « Je crois qu’il est indispensable de fournir tous les efforts nécessaires, afin de créer les conditions d’une émergence : celle de l’auto-gouvernement populaire, pour que l’acteur réel de ce processus soit le peuple en tant que force organisée ».

THÉORIE ET PRAXIS

Son total engagement en faveur de la révolution allié à un constant  esprit critique, fut ce qui attira l’attention du président Chavez. L’un de ces articles publiés à l’issue des élections législatives de 2010 fut remarqué par le leader bolivarien, qui en fera l’éloge au cours de l’une de ses interventions publiques. Dès lors, comme tout ce qui sera touché par la “baguette magique” de Chavez, Iturriza ne pourra plus échapper à la notoriété, bien qu’il soit de ces hommes qui préfèrent la discrétion. Bien évidemment, cette recommandation expresse du président a fini par influencer sa nomination à la tête des Communes et des Mouvements sociaux.

Avec cette vision des choses tout à la fois engagée et critique, et doté d’une expérience pratique résultant d’un investissement quotidien, il s’immerge totalement dans les eaux du pouvoir populaire. De ce fait, il peut tracer l’ébauche d’une analyse relevant de la théorie et de la praxis : « Il est absolument courant qu’au sein même des révolutions, surgissent des forces qui misent sur la bureaucratisation des processus, et que d’autres se défient du peuple, même si tout cela semble contradictoire. Je crois que c’est la raison pour laquelle le Président Chavez s’engagea personnellement et avec force, afin que les ministères soient dotés de l’appellation « du Pouvoir Populaire ». Certaines personnes ne se satisfont pas de ce vocable pour des raisons très valables, mais ce sont les bureaucrates qui le détestent le plus.

Traduction de l’espagnol : Jean-Marc del Percio

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/03/19/les-collectifs-sont-synonymes-dorganisation-non-de-violence-entretien-avec-le-sociologue-reinaldo-iturriza-ministre-des-communes/

VENEZUELA: CHRONOLOGY OF FASCISM BEGINS IN WASHINGTON AND WILL BE DEFEATED BY VENEZUELA’S OWN DEMOCRACY

VENEZUELA: CHRONOLOGY OF FASCISM BEGINS IN WASHINGTON AND WILL BE DEFEATED BY VENEZUELA’S OWN DEMOCRACY

This is not the first time that Latin American and Caribbean countries have been the target of fascism by the Obama administration. For example, right after Obama’s coming to power in 2008, the Honduras coup took place in 2009 with his full involvement. The role of the Honduran military, armed and trained by the U.S., became notorious for its fascist suppression of the Hondurans who struggled for months on end against what the grass roots called a fascist dictatorship. http://www.democracyintheus.com

The current February 2014 threat of fascism in Venezuela was initiated in Washington by the Obama administration the day after the April 14, 2013 presidential elections won by the Bolivarian Revolution’s candidate Nicolás Maduro. From April 15, 2013 to date, Washington has tried everything to provoke incidents in Venezuela in order to usher in a fascist coup d’état; the goal was and is to draw Venezuela into its orbit once again as was the case before Hugo Chávez won the presidential elections in December 1998.  On April 15, 2013 Obama’s press secretary Jay Carney gave the green light to the pro-US opposition to violently protest the election results by declaring:

“…given the tightness of the result – around 1 percent of the votes cast separate the candidates – the opposition candidate and at least one member of the electoral council have called for a 100 percent audit of the results. And this appears an important, prudent and necessary step to ensure that all Venezuelans have confidence in these results.” http://www.whitehouse.gov

That same day the opposition organized violent riots and killed 8 Chavistas who were defending the health centers and other public places from the bands. On April 16, Patrick Ventrell Acting Deputy Spokesperson for the U.S. State Department appeared in a daily press briefing. The following interaction with a journalist indicated the desire of the US to refrain from recognizing the election results and call into question the legitimacy of the Maduro government:

MR. VENTRELL …And we said yesterday, a full recount would be important, prudent, and necessary in ensuring that an evenly divided Venezuelan electorate is confident that the election meets their democratic aspirations….

QUESTION: Well, okay. So are you prepared to congratulate Mr. Maduro on his victory?

MR. VENTRELL: We’re not there.

QUESTION: Why? The vote has been certified. He has been elected. So either you say, ʻOkay, and we’ll work with you,’ or, ʻtry to work with you,’ or you say, ʻWe don’t think that you’re the real winner’, or, ʻWe think that there is no winner because the vote hasn’t been certified,’ so – I mean, are you prepared to work with President Maduro, President-Elect Maduro?

MR. VENTRELL: Well, we said we’re prepared to work with whichever government comes out of this electoral process. Having said that, given what happened yesterday, we’re consulting with key partners, the OAS, the EU, other regional neighbors as we examine this.” http://www.state.gov

The next day on April 17,  the Obama White House issued the following statement:

“The United States congratulates the Venezuelan people for their participation in the April 14 presidential elections in a peaceful and orderly manner.  We call on the Venezuelan government to respect the rights of Venezuelan citizens to peaceful assembly and free speech.  We also urge everyone to refrain from violence and other measure that could raise tensions at this difficult moment.  The United States notes the acceptance by both candidates for an audit of the ballots and supports calls for a credible and transparent process to reassure the Venezuelan people regarding the results.  Such a process would contribute to political dialogue and help advance the country’s democracy.”http://www.whitehouse.gov

On April 19, 2013 a Communiqué from the 33 countries, that is the entire hemisphere minus the U.S. and Canada,  composing the Community of Latin American and Caribbean States (CELAC) regarding the elections in the Bolivarian Republic of Venezuela read in part:

“…CELAC congratulates President Nicolás Maduro on the election results and for his election as President of the Bolivarian Republic of Venezuela.”http://www.granma.cu

Despite and perhaps in response to this, Obama himself stepped up to the plate and said on a May 4th interview to an important and widely accessed Spanish-language media, Univision.com:

“…María Elena Salinas: I have two more questions. One is does the U.S. recognize Nicolás Maduro as the legitimate President of Venezuela?

President Barack Obama: Well, you know, I think it’s not what the U.S. alone is concerned about. But I think that the entire hemisphere has been watching the violence, the protests, the crackdowns on the opposition. I think our general view has been that it’s up to the people of Venezuela to choose their leaders inlegitimate elections….” (Emphasis added) http://noticias.univision.com

Obama went even further than his own administration and openly called the Venezuelan elections illegitimate; and by completely ignoring the CELAC position taken only a few days earlier Obama de facto claims that the “entire hemisphere” is composed of only the U.S. and Canada!

I Googled for the repercussions of this interview right after it was made public and immediately found over 50 entries in Spanish “Obama habló de Venezuela: ‘El hemisferio completo está viendo la violencia y los ataques a la oposición’” ( the entire hemisphere has been watching the violence, the protests, the crackdowns on the opposition.)

With regards to the most recent February 2014 wave of violence carried out by the opposition, this time led by another figure (Leopoldo López rather than Capriles) what did Marie Harf, Deputy U.S. State Department Spokesperson, say in a Washington DC press briefing held on February 13, 2014? She left the door wide open for the Obama administration to switch loyalties from Capriles to the more openly violent López, if it was not already done:

“…QUESTION: I’d like to ask if you have any comment about the violent protest that took place yesterday there and the lack of coverage provided by the local TV. And also, this morning the Venezuelan foreign minister in an interview blamed an opposition politician, Leopoldo López, for violence that took place yesterday and said that López and his acolytes have been financed by the U.S. Government for a long time. If you please have a comment on those two points, I would appreciate it.

MS. HARF: Yeah. Well, let me see if I can get some specifics on what’s happened in the last few days. In general, when it comes to Venezuela, we’ve made clear that we’re open to having a constructive relationship with the Government of Venezuela. Quite frankly, we haven’t seen that – we have not seen that reciprocated, to be clear. So we also, I think, see a lot of conspiracy theories or rumors out there in the press about how the U.S. is interested in influencing the domestic political situation in Venezuela, which is absolutely not true. It’s not up to us to comment on internal Venezuelan politics. So I’m happy to check with our team to see if there is more specifics about the protest specifically that I’m not as familiar with, and see if we can get you something on that….” (Emphasis added)http://www.state.gov

The very next day, on February 14, in another daily press briefing by Marie Harf, Deputy U.S. State Department Spokesperson, notice how Washington walks the tight rope. It continues with the claim that the U.S. is not involved in the internal affairs of Venezuela, while at the same time taking sides with violent opposition leader against the constitutionally elected Maduro government.

“…QUESTION: So the government accused Washington of being involved in these – the [Venezuelan] protests.

MS. HARF: It’s not true. It’s not true.

QUESTION: They didn’t accuse you?

MS. HARF: No. We are not involved in them.

QUESTION: Oh, okay.

MS. HARF: They may have accused us; we’re not involved in them.

QUESTION: And they’re also accusing an opposition leader. Do you think this is a step up in the regime’s –

MS. HARF: Are you talking about Mr. López?

QUESTION: Yes.

MS. HARF: Yes. So we are deeply concerned by rising tensions, by the violence surrounding these February 12th protests, and by the issuance of a warrant for the arrest of opposition leader Leopoldo López. We join the Secretary General of the OAS in condemning the violence and calling on authorities to investigate and bring to justice those responsible for the deaths of peaceful protestors. We also call on the Venezuelan Government to release the 19 detained protestors and urge all parties to work to restore calm and refrain from violence….” (Emphasis added)http://www.state.gov

This interference in the internal affairs of Venezuela was solidified even more through a Press Statement by John Kerry, Secretary of State, on February 15, 2014, which reads in full:

“Recent Violence in Venezuela

The United States is deeply concerned by rising tensions and violence surrounding this week’s protests in Venezuela. Our condolences go to the families of those killed as a result of this tragic violence.

We are particularly alarmed by reports that the Venezuelan government has arrested or detained scores of anti-government protestors and issued an arrest warrant for opposition leader Leopoldo López. These actions have a chilling effect on citizens’ rights to express their grievances peacefully.

We join the UN High Commissioner for Human Rights, Secretary General of the Organization of American States, EU High Representative for Foreign Affairs, and others in condemning this senseless violence. We call on the Venezuelan government to provide the political space necessary for meaningful dialogue with the Venezuelan people and to release detained protestors. We urge all parties to work to restore calm and refrain from violence.

Freedoms of expression and peaceful assembly are universal human rights. They are essential to a functioning democracy, and the Venezuelan government has an obligation to protect these fundamental freedoms and the safety of its citizens.”(Emphasis added) http://www.state.gov

On February 17, Venezuelan Foreign Minister Elías Jaua disclosed in a press conference in Caracas that the Venezuelan ambassador to the OAS, Roy Chaderton, had received a telephone call from a State Department official. According to the Venezuelans the US is “ʻasking’ the Maduro govenment for “ʻa  series of conditions’” and threatened Venezuela with “ʻinternational consequences’” if opposition leader Leopoldo López was arrested.” Elías Jaua  also revealed proof indicating that Washington has been directly involved in training the fascist groups. http://www.telesurtv.net

As the situation continues to unfold rapidly, there is a conclusion and one question. One can conclude from the above that the Obama administration is striving to create pretexts with the aid of fascist groups in Venezuela. The goal of the fabricated excuse is a U.S. open, or camouflaged, intervention in Venezuela to overthrow the Maduro government by a coup d’état. The question that I am raising, is for readers to consider the possibility that Obama represents a danger of fascism domestically and internationally? What does fascism look like in the 21st century? http://www.democracyintheus.com

By Arnold August for Democracy Cuba, http://www.democracycuba.com/Chronology_of_Fascism.html

Coups, Media and Stalemates: What Violent Protests Mean for Venezuela

Coups, Media and Stalemates: What Violent Protests Mean for Venezuela

Venezuelanalysis.com’s staff writers offer their concise insights on three different angles of the violent protests that have been occurring in the country: the opposition’s strategy, how the media have reacted, and the implications of the protests for the Bolivarian Revolution.

 

Concise insights on three different angles of the violent protests that have been occurring in the country. (AVN)

#1: An Opposition Coup Against The Opposition

Ryan Mallett-Outtrim

The Venezuelan opposition has launched a coup against itself, not against the government. Two strains of the opposition movement are vying for dominance over each other, though they both share the same overarching strategy.

The current opposition strategy is to pressure Nicolas Maduro into resigning from office, and prompt another presidential election. They intend to win the next election by terrorising swing voters into capitulating to the opposition.

For now, this is the only real option available to the opposition. The military is firmly aligned with Chavismo, ruling out a repeat of the April 2002 coup attempt. However, a possible recall referendum is still two years away, plus the far right is short sighted and generally apathetic towards democracy anyway.

Maduro’s slim electoral victory last April illustrated that a sizable chunk of the electorate can quickly swing from Chavismo to the opposition if enough pressure is applied. In April 2013, all the opposition needed was a simple carrot and stick. Opposition candidate Henrique Capriles’ well choreographed electoral campaign promising a squeaky clean Chavez-lite was backed by a convenient spike in scarcity. And he almost won.

In the lead up to the 12 February violence, Venezuelans have faced more demoralising scarcity than last April. Along with daily queues outside supermarkets, in places like Merida there has been a steady stream of violence from opposition groups in recent weeks. Now, they’re upping the ante.

Although the vast majority of the opposition appear to back the forced resignation strategy, there are two distinct camps. The moderate majority of the opposition movement have advocated for peaceful demonstrations against Maduro, against a backdrop of growing hostility between the government and the private sector.

In recent weeks Capriles has become something of a poster child of the moderates. He had drifted away from extremism, and expressed willingness to work with the Maduro administration. Yet he has remained firmly on the right, and critical of the government. In the long term, this kind of moderate figure is exactly what the opposition movement needs if it wants to win power. Fringe extremists like lawmaker Maria Machado, Caracas Mayor Antonio Ledezma and Voluntad Popular’s Leopoldo Lopez should know they will increasingly become irrelevant as the opposition movement tries to win the centre. Their insurrectionist tactics and uncompromising fanaticism are relics of the last decade, and unappealing to both the moderate opposition and the wavering Chavistas they need.

Like the moderates, the extremist minority is pushing for Maduro to resign. However, they differ from the majority opposition in two respects.

Firstly, they are terrorists. The extremist fringe is willing to employ as much violence and chaos as possible to blackmail Maduro into surrender and terrorise the public. They’re armed, fanatical and they’re trying to provoke a bloodbath. For them, violence is just an additional lever to stall the revolution, along with applying pressure to middle ground voters. After all, if the government can’t maintain basic security on the streets, how can they possibly deal with the economy; let along deepen the revolution?

If they fail in their ultimate goal and Maduro doesn’t break, then the least they can do is continue obstructing the government.

Secondly, the fringe right-wing knows the sun is setting on them, and the current violence is an eleventh hour attempt to cling to political relevance and radicalise the moderates. So far, the vast majority of the opposition movement has failed to condemn the aggression of the extremists. Hence, if we are witnessing an attempted coup, it’s against Capriles and the moderate opposition strain he represents. Power hungry extremists like Machado, Ledezma and Lopez aspire to seize the reigns of the opposition movement. To them, Capriles has become meek and weighed down by two failed presidential bids. If they can provoke the bloodbath they desperately desire, they could replace the moderates as the dominant opposition force.

#2: What the Media Said, and Didn’t Say

Ewan Robertson

There have been mixed responses from both national and international media following Wednesday’s violence in Venezuela, which left three dead and several dozen wounded. In particular, there have been contradictory accounts of exactly what happened in the surrounds of the Attorney General’s office in Caracas, when an opposition activist, Bassil Alejandro Dacosta (24), and a Chavista social activist, Juan Montoya (40), were both killed by gunshots as armed groups emerged on the scene toward the end of the opposition’s march in the area.

Venezuelan media

Both state owned and independent pro-government outlets alleged that Wednesday’s violence, including the two murders which occurred near the Attorney General’s office, was planned by right-wing opposition leader Leopoldo Lopez and perpetrated by radical armed opposition groups. In a report titled “Right-Wing Shock Group Causes Death and Chaos”, Caracas-based newspaper Ciudad CCS further said that according to unofficial reports, Juan Montoya was shot from a nearby building, suggesting a premeditated attack. It also mentioned the presence of “violent motorbike riders” who “threw stones and large objects at the police and National Guard”.

Venezuelan media also reported Attorney General Luisa Ortega Diaz’s statement, which said that “political operators” and “50 hooded people” had appeared at the end of the opposition march and engaged in acts of violence against those present. Ortega said that the nature of the violence appeared “planned” by “fascists”, which suggests that she suspects that radical opposition groups were behind the crimes.

Several politically-neutral private Venezuelan media sources, such as newspaperUltimas Noticias and website Noticias 24, chose not to comment in detail on the events surrounding the violence. They reported the government’s and opposition’s reactions to the events, without attempting to attribute the violence to either side.

Some pro-opposition media outlets accused security forces and pro-government groups called colectivos of perpetrating violent acts and the murders yesterday. Conservative newspaper El Universal said that Montoya and Dacosta died from “shots by colectivos and SEBIN (the national intelligence service)”. National opposition newspapers El Nacional and Tal Cual made similar accusations, in editorials titled “Brutal Attack” and “Absurd Violence”, in which they claimed that police forces or colectivos (depending on the version) opened fire on anti-government protesters.

International media

Perhaps due to conflicting reports of Wednesday’s violence and with the official investigation just beginning, many international media outlets did not take a strong partisan line in their coverage. CNN Español wrote a rather neutral reportwhich didn’t document the violent events in detail, however mentioned both the government’s and radical opposition’s interpretations of the day. Meanwhile Spanish-language network Telesur, which is favourable to the Venezuelan government, led with a piece arguing that police involvement in yesterday’s killings was ruled out, however it also did not offer a conclusion as to who the assassins were. The article further lamented that, “The events yesterday reflect that the opposition has once again chosen the path of destabilisation”.

In English-language media, Reuters news agency wrote a fairly straightforwardarticle which despite having journalists on the scene, could only report that the two murders occurred in “chaotic scenes” during post-protest violence. The agency also mentioned the current division within the opposition between moderates and hardliners, and that violent hardliners have been blocking roads and creating unrest (although it didn’t mention that these groups are sometimes armed and attack civilians) as part of a strategy to try and force President Maduro from office.

Other international outlets took a more interpretive angle on yesterday’s violence, either tacitly or openly nodding to the opposition’s line of “authorities cracking down on peaceful student protesters”. Britain’s Sky News led its article with hard-line opposition leader Maria Corina Machado’s claim that two student protestors had been killed for “raising their voices” against the government. Associated Press’ (AP) piece, re-printed in a variety of sources such as Fox News, hinted the same line, leading with, “Armed vigilantes on motorcycles attacked anti-government demonstrators in Venezuela”. AP said the attackers were “unidentified”. The BBC meanwhile seems to have simply borrowed its article from Associated Press. The article de-contextualised yesterday’s events by omitting to explain the hard-line opposition’s “exit” strategy to force Maduro’s resignation, or the presence and actions of armed opposition radicals at protests in recent weeks.  Al-Jazeera went further, stating what some other international media have implied but have not said due to lack of evidence, by writing of Wednesday’s violence, “Armed members of a pro-government vigilante group arrived on motorcycles and began firing at more than 100 anti-Maduro student protesters”.

Conclusion

As Venezuelan authorities begin to investigate those responsible for Wednesday’s violence, international media have suddenly turned their attention to events in the country. However these reports have often failed to explain the context of yesterday’s protests, such as the hard-line opposition’s “exit” strategy to try and force the government’s resignation, or the violent actions of radical opposition groups on city streets over the past week and a half building up to yesterday’s protests. Some reports also failed to mention the peaceful pro-government demonstrations that occurred on the same day.

Perhaps eager to brand the Venezuelan government with the “repressive” tag, at least a few international outlets have even suggested that Wednesday’s violence and deaths were due to “pro-government vigilantes” at a time when such a conclusion is far from clear, as the debate within Venezuela over the events highlights. In several of the articles the radical opposition’s violent actions, both on Wednesday and in recent days, have been whitewashed from the story. The BBC was a case in point. These outlets should be more responsible in their reporting so as not to mislead the global public on what is currently happening in Venezuela. As the radical wing of the opposition once again attempts to force the government’s “exit” through street actions and violence rather than more democratic mechanisms, accurate reporting will be key for international observers to understand this crucial political juncture for the country.

#3: A Complex Psychological War, and What This Means for the Bolivarian Revolution

Tamara Pearson

Over the past six weeks, since the opposition lost the municipal elections, and then after the Christmas and New Year period that followed, things have gotten worse here. Prices have skyrocketed, with shops charging the black market exchange rate rather than the official one, despite most of them buying products at the official rate. The usual products are scarce (hard to find, if not impossible: milk, oil, sugar, margarine, cornmeal) and a few more have been added to the list: mayonnaise, and most soaps. Metronidazol, for common gastric infections has also become scarce. There are alternatives to Metronidozal, and the reality is you can wash most things with cheap shampoo; you don’t need all the different dish and clothes soaps and so on. Most people also have most of the scarce products like sugar and margarine stocked up at home. In some barrios gas, for cooking, has been harder to get. The economic reality is a little bit tough, but what is tougher is the psychological effect all of this has on people. That feeling of insecurity, of not being sure you will be able to get the product you need, or be able to afford it. This causes people to form huge queues when a product does arrive, which in turn deepens the psychological impact. At the same time, the black market rate – not at all based on the real value of the bolivar – continues to climb, and there’s a ‘what if’ if one’s head… what if they manage hyperinflation?

On top of this, we have the media constantly lying about what is going on here and about what the government does, as well as the verbal abuse towards Chavistas on social networks. Then, over the last few weeks, in some parts of Venezuela, the most violent sectors of the opposition have been active. Here in Merida it started off with a few “students” blocking the main road; burning tires and garbage on it, and throwing rocks at anyone who tried to get close. They had no placards. From last Friday those protests escalated, both in terms of violence, people involved, and roads closed. It has been hard to get to school, work, and the hospital, and the frustration, inconvenience, and fear that comes with these sorts of actions combines with the aforementioned economic insecurity. The cacerolas (pot banging protests) that started last night in my barrio and in a few others here and in other cities also cause anxiety.

Sometimes, the extent to which these sorts of war of attrition strategies affect people depends on where you live or work. Many workplaces, for example, have access to Mercal food products. Other barrios are much calmer, and other parts of the country are peaceful.

Now, the government has made mistakes, but purchasing power has basically continuously risen until mid last year, and inflation has also been around the 15-30% mark until mid last year. The worsening of above measures since then are clearly intentional, both for their political aims and the fact that they drastically increase the wealthy sector’s profits. They came at a time when, with Chavez gone, the revolution was perceived to be more vulnerable. They are destructive measures that aim to wear people down and for collective fear and anxiety; three solid ingredients for paving the way for conservative forces. The political opposition may have lost all except one election in the last fifteen years, but the economic opposition is in a stronger position. And the hard thing about that opposition is they are less visible, and also seemingly less divided than the political opposition.

One consequence of this three pronged attack (economic, media, and violence) on the Bolivarian revolution is that the national government has been forced to go on the defensive; constantly trying to counter the price speculation, the media attacks and so on. Though the government has also tried to get on with things; with science programs, housing, cultural programs, the street government, and so on, too much of its effort has had to go into trying to just stay above water. Maduro emphasised in his address tonight (13 February) the importance of ruling by law – fair enough – yet it is hard to imagine this Law of Prices and the 30% profit limit being enforced in the thousands of shops in each city. If the grassroots were more organised to defend our rights, perhaps we could.

Maduro also said, “The most important thing is to keep governing, to keep working”. Most movement activists, mission workers, and public sector workers have been doing just that, despite the climate. At the alternative school where I teach for example, we’ve had all sorts of activists over the last few weeks coming and wanting to do workshops, mural painting, and help out. A group started a rehabilitation program, and the state foundation for science and technology met with us and provided us with a worker for our computing and internet room. However, in this sort of climate it is still harder to deepen revolutionary organisation in the way that we’d like.

The question is how this will work out in the long term. While perhaps a few Chavistas, affected by the real drop in purchasing power, might tire and change sides, most people are firm in their convictions, with government supporters largely (but often with constructive criticism) believing the public press, and opposition supporters believing (and being manipulated by) the private media. It seems unlikely that the far right, violent sector of the opposition will achieve its goal of forcing Maduro to resign, yet it is also hard for the revolution to move forward. At worse, it could be seen as a kind of checkmate, and at best, a determined revolution that is being slowed down, but little by little is actually building the communes and worker run production units, and so on, that it would like. On the one hand, the level of organisation of the bases here is incredible, but organisations tend to work (very hard) in their own trinchera – trench, and there is a lack of real regional and national articulation between the bases. As we’ve seen in 2002/3, situations like this don’t have to make things worse, they can be the crisis that pushes grassroots and national politics to radicalise, however this lack of broader articulation makes that difficult, if not impossible.

Venezuela: Right-Wing Provokes Violence in Time-Worn Practice by Steve Hellner

Venezuela: Right-Wing Provokes Violence in Time-Worn Practice by Steve Hellner

History repeats itself. The time-worn tactic of the dominant class that controls the diffusion of information is to provoke violence and then blame it on the enemy, usually those who struggle for change.

Nero did it when he burned down much of Rome and blamed it on the Christians. Similarly, US newspaper publisher William Randolph Hearst used the sinking of theUSS Maine in 1898 to create war fervor that led to war with Spain.

Hitler ordered the burning of the Reichstag and blamed it on the Communists. He also had Germans dressed as Poles attack German troops in order to justify the invasion that began World War II.

The Gulf of Tonkin incident played out a similar scenario to justify US escalating its war on Vietnam. And George Bush Sr. used the same tactic to justify the invasion of Panama in 1989.

In Venezuela this tactic has been used umpteen times throughout these past 15 years. The most infamous incident was on April 11, 2002 when shootings by snipers on demonstrators justified the US-backed coup against then-president Hugo Chavez.

But the opposition in Venezuela has used this trick over and over again. During the general strike of 2002-3, a woman physically attacked a National Guardsman and then the opposition showed (out of context) the part where the guard pushed the woman to the ground.

In another incident, a woman protester in Caracas approached National Guard members and spat on one of them. The private media then just showed the reaction of one of the guardsmen who pushed the instigator to the ground, again taking the incident out of context.

It turned out that the instigator was a city councilperson belonging to the right-wing opposition.

Today the same thing is happening and the private media is promoting the same deceit. Opposition demonstrators have created havoc in the centre of Caracas and elsewhere, burning public buildings, using firearms after having attacked the house of the governor in the state of Tachira.

The announced intention of Leopoldo Lopez, an opposition leader who has organised these protests, is to overthrow the government. He says it publicly.

And yet the media is making it seem as if the violence is the work of motorcyclists supposedly on behalf of the Chavista government of Nicolas Maduro! (These same Chavista “hordes” were blamed for the violence at the time of the 2002 coup, in fact opposition newspaper El Nacional called the Chavistas “lumpen”.)

Common sense tells you that the government has nothing to gain by promoting random violence. Furthermore there is tons of footage showing the violence perpetrated by the opposition protesters.

But the media, true to form, both here in Venezuela and abroad use all their ingenuity to convince people, sometimes in subtle ways, that Chavista “hordes” are behind the violence. Sometimes all it takes is common sense to know what is going on.

[Professor Steve Ellner has taught at the Universidad de Oriente in Puerto La Cruz, Venezuela, since 1977. He is the author of many books on Venezuelan politics.]

Venezuela’s Maduro Holds Mass Rally to Reject Violence as Protests Continue (+video)

Venezuela’s Maduro Holds Mass Rally to Reject Violence as Protests Continue (+video)

Mérida, 16th February 2014 (Venezuelanalysis.com) – Thousands of government supporters gathered yesterday in Caracas to call for “peace” after violent clashes left three dead on Wednesday. Opposition leader Henrique Capriles today called supporters to gather for a national march “against paramilitaries and violence”.

President Maduro at February 15th’s rally (agencies)

February 15th’s rally (agencies)

Venezuelan president Nicolas Maduro held the mass rally to reject the violent incidents at some opposition protests in recent weeks. The worst of the violence occurred in Caracas on Wednesday, when clashes left three dead and several dozen wounded. There are conflicting accounts as to exactly what happened.

Maduro used yesterday’s gathering to attack what he called a “coup plot” by the far right opposition, and to promote his “national pacification plan” to reduce crime and tackle political violence. He told supporters that to construct peace in Venezuela, political differences should be settled through a battle of ideas, not arms.

“We call on all Venezuela to combat in the streets with ideas, with values, in high quality debate, with respect for people’s rights, without violence,” Maduro declared.

The Venezuelan president also warned extremist groups within Chavismo that violent acts would not be tolerated. The opposition has accused such groups of involvement in Wednesday’s deadly clashes.

“I want to say clearly: someone puts on a red t-shirt with Chavez’s face and takes out a pistol to attack, isn’t a Chavista or a revolutionary. I don’t accept violent groups within the camp of Chavismo and the Bolivarian revolution,” Maduro stated.

“If you want to have arms to fight…get out of Chavismo,” the president warned, stating that security forces are the only organisations that should possess guns in Venezuela.

Maduro also said that violent opposition members had perpetrated attacks on the Attorney General’s office on Wednesday, and said those responsible for the day’s violent acts would be brought to justice.

“The people want justice, justice against fascism and violence. There’s going to be justice…fascism is fought with the law, justice and severe punishment,” he said.

Venezuela’s Attorney General, Luisa Ortega Diaz, has said that investigations into Wednesday’s violence and murders are underway, and that “no one can be accused until the results of the investigation are obtained”.

Authorities are still searching for opposition leader Leopoldo Lopez, who they want to charge for his alleged involvement in Wednesday’s violence. Lopez had been leading a campaign called “the exit” to force President Maduro’s resignation, and is reportedly still in the country.

Protests continue

Student-led opposition protests continue in Venezuela, although with reduced numbers and intensity compared to Wednesday. Opposition supporters complain about issues such as crime, inflation and shortages, and many have demanded the president’s resignation.

Violent sectors of the opposition have also committed a variety of violent acts at some protests in recent weeks. In the city of Mérida, a focal point of recent protests, Venezuelanalysis.com observed them setting up burning barricades, throwing stones, and threatening civilians at gunpoint.

Peaceful opposition protests took place in several Venezuelan cities yesterday, including Mérida, San Cristobal, Maturin and Puerto Ordaz. However, a protest in the Chacao area of Caracas last night turned violent, with some 500 stone-throwing rioters causing damages to a state-owned bank, a government bus and a Supreme Court office. The opposition leader of the municipality, Ramon Muchacho, condemned the “violence and vandalism” of those involved.

According to local press reports the National Guard used tear gas and pellets to contain the rioters, leaving a toll of 17 wounded and 2 arrested.

Venezuela’s internal affairs minister, Miguel Rodriguez, said in a statement today that of 120 people arrested during recent protests, only 14 remain in custody, to be charged with specific acts of vandalism and violence.

“We have always acted in respect of human rights…when protests have been peaceful and within the law, the PNB (National Bolivarian Police) have protected the safety of these youths,” the minister’s statement read.

Rodriguez also accused Henrique Capriles, the opposition governor of Miranda state, of “passing the buck” and not acting to control violent street actions in his jurisdiction, leaving the task to the national government instead.

Capriles calls national march

In a press conference today, Henrique Capriles distanced himself from the actions of violent opposition groups, referring to them as “infiltrators”. “Let’s isolate the infiltrators…we reject violence wherever it comes from,” he said.

“Legitimate peaceful protest must be orientated. It must be given a focus,” the former presidential candidate added. Capriles then called for a national opposition march “against paramilitaries and violence”, saying he would announce the time and location soon. He added that he was in “solidarity” with Leopoldo Lopez, despite the differences they had about opposition strategy.

Finally, Capriles attacked what he called government “censorship” of recent protests, referring to the blocking of Colombian channel NTN24 from transmitting on Venezuelan cable services. Maduro said NTN24 was trying to promote “anxiety” in the population to promote a state coup “like April 2002”.

The Venezuelan opposition has also accused the government of blocking twitter users from seeing online images following Wednesday’s violence. Bloomberg reported yesterday that a twitter spokesperson had confirmed the claim.

However the government’s telecommunications company CANTV “emphatically and categorically” denied the accusation. It said the servers responsible for twitter are located outside of Venezuela, and a similar problem with loading online images on Wednesday had occurred in several countries.

A check by Venezuelanalysis.com of twitter within Venezuela encountered a problem loading accounts on Thursday evening, however it was not clear if this was an isolated incident or not. Checks on Friday, Saturday and Sunday have found twitter working as normal, with the accounts of far-right opposition figures active and images posted to those accounts loading without a problem.

Today information minister Delcy Rodriguez hit out at opposition social media activists for misusing and manipulating images which are then picked up by foreign media to mislead the public on events within Venezuela.

Examples given in her presentation included ABC’s use of a photo showing police attacking a protestor in Egypt, and claiming it was example of a protest in Venezuela. In another case, opposition social media activists used a photo of police dragging a student away during a protest in Chile, and claimed it was from Venezuela’s current protests.

Rodriguez also presented footage which showed attacks against the headquarters of state channel VTV by radical opposition activists for the previous four nights. The video showed people setting up burning barricades outside the station and throwing Molotov cocktails at the building.

Below is an interview with George Ciccariello-Maher on Al-Jazeera America about Saturday’s rally and the general political situation in Venezuela

Venezuela : la jeunesse d’un changement d’époque

Venezuela : la jeunesse d’un changement d’époque

Au Venezuela, lorsqu’une minorité de casseurs nostalgiques de l’apartheid réagit violemment à l’accession d’une majorité de jeunes d’origine populaire, de peau brune ou noire, aux études universitaires, les grands médias occidentaux annoncent la  “révolte de la jeunesse” (1). Des photos de la répression brutale contre des étudiants chiliens sont affublées de la légende “Venezuela” pour faire croire à un régime répressif. Mais si le lendemain la majorité de la jeunesse vénézuélienne descend pacifiquement dans la rue pour refuser la violence des commandos d’extrême-droite et si la majorité des gouvernements latino-américains (UNASURMERCOSURALBA, etc..) défend le gouvernement bolivarien face aux tentatives de déstabilisation, les agences (AFP, AP, Reuters) ne voient rien, n’entendent rien. C’est ainsi que depuis quatorze ans, des millions de lecteurs, auditeurs, téléspectateurs restent enchaînés au fond de la Caverne de Platon, à quelques années-lumières des dynamiques politiques de l’Amérique Latine.

La Fédération des Étudiants Universitaires du Chili (FECH), célèbre pour sa longue lutte face à la répression du gouvernement Piñera et sa politique de privatisation radicale du système éducatif, a émis un communiqué officiel le dimanche 16 février pour “rejeter les tentatives de déstabilisation et de coup d’État au Venezuela, patentes dans les violences organisées ces derniers jours” ainsi que “toute tentative d’accaparement d’aliments et de putschisme qui cherchent à passer par-dessus les décisions souveraines du peuple vénézuélien” et a dénoncé “la manipulation médiatique d’images et d’informations destinée à créer un climat favorable à l’intervention”. (2)

T.D., Caracas, février 2014.

Caracas, le 15 février 2014. Mobilisation pacifique de la jeunesse contre la violence de l’extrême-droite. Image invisible dans les grands médias.

Venezuela : la jeunesse d’un changement d’époque, par Íñigo Errejón

La deuxième Enquête Nationale sur la Jeunesse Vénézuélienne, réalisée par la Fondation GIS XXI, repose sur un échantillon de 10.000 personnes de toute origine sociale et couvre l’ensemble du pays. Ses résultats ont été publiés à Caracas le jeudi 28 novembre 2013. La précédente étude remontait à 1993, il y a exactement vingt ans.

Cette étude constitue un précieux outil pour ceux qui souhaitent comprendre la période actuelle et prendre la mesure des défis futurs. C’est également une référence pour la définition des politiques publiques qu’il s’agira d’élaborer en faveur des jeunes générations de vénézuéliens. Par ailleurs, les résultats de cette enquête adviennent à un moment crucial sur le plan démographique, qui voit la part de la population active vénézuelienne prendre le pas sur sa part non active.

Cette seconde Enquête Nationale sur la Jeunesse Vénézuelienne se révèle être un outil de référence pour les spécialistes des sciences sociales, les citoyens engagés dans la vie publique, les militants, les cadres politiques et les « décideurs » dans leur ensemble.

Une première confrontation des résultats des deux enquêtes  (1993-2013) débouche sur un constat : entre ces deux dates, une rupture qualitative s’est opérée en termes culturel, social et politique. Les termes constitutifs de cette deuxièmeEnquête Nationale sur la Jeunesse s’avèrent être autant d’indices d’un changement d’époque dont le Vénézuela a été le théâtre. Pour le dire en termes plus directs : les jeunes générations de vénézuélien(ne)s sont le reflet de l’accélération d’un processus qui a opéré des changementsstructurels sur le plan de l’imaginaire, des attitudes et de consensus qui traversent les strates de la société vénézuélienne.

Dans le Métro de Caracas, novembre 2013

Les jeunes vénézuéliens n’abandonnent pas leur esprit critique et aspirent à plus et à mieux.

L’Enquête Nationale restitue le principal acquis émanant des temps historiques que traverse le Venezuela: la diversification des possibles, l’accroissement des attentes et des demandes sont des manifestations qui touchent d’une manière relativement transversale l’ensemble des couches sociales du pays.

Les jeunes vénézuéliens partagent une conviction : celle de vivre un moment décisif qui leur permet d’aspirer à une vie meilleure, du fait de l’accroissement des opportunités. (98% d’entre eux envisagent de poursuivre leur scolarité; 96% pensent qu’ils pourront mener à leur terme les études de leur préférence). Un fort contraste avec les pays du Nord où les études sont une marchandise d’accès difficile pour une grande partie des jeunes. Dans le même temps, 64% des jeunes vénézuéliens interrogés envisagent de changer de travail, convaincus pour 93% d’entre eux, de pouvoir accéder avec succès à un emploi meilleur.

Ces données contrastent elles aussi avec la crise des débouchés qui affecte une grande part de la jeunesse européenne; elles attestent de l’existence d’un processus de démocratisation qui facilite grandement l’accès aux principaux biens sociaux: l’éducation, le logement, l’emploi, la santé, le sport, la culture.

Les chiffres permettent également d’établir un lien entre l’extension de la souveraineté populaire et l’accroissement du bien-être pour la majorité de la population; Appliqués au Venezuela, des indicateurs internationaux et régionaux relatifs au développement humain et social (PNUD, CEPAL, etc…) confirment cet état de fait qui résulte de 14 ans de révolution bolivarienne.

Bien qu’ils reconnaissent que le processus politique actuel et l’intervention publique qui en découle, éliminent peu à peu les barrières, faisant surgir des opportunités dont tous peuvent profiter, et bien qu’ils se sentent partie prenante indispensable des avancées dont le pays bénéficie, les jeunes vénézuéliens n’abandonnent pas leur esprit critique et aspirent à plus et à mieux.

Groupe de rock “Los Piraos”, Caracas février 2014.

L’imaginaire des jeunes vénézuéliens n’est pas homogène, ni unique.

En même temps qu’il exprime l’existence d’une profonde diversité, cet imaginaire est le symptôme d’une période de transition, qui voit la lutte, le chevauchement et l’hybridation de différentes instances narratives. Cette approche de l’imaginaire des jeunes vénézuéliens permet d’analyser la bataille culturelle qui accompagne tout changement historique réel, et qui porte sur une période mouvementée et d’une grande fertilité.

Trois grands axes discursifs structurent l’imaginaire des jeunes générations de vénézuéliens.

Premièrement, la démocratisation de l’accès à la consommation de par l’application de politiques sociales d’intégration et de démercantilisation des produits de première nécessité portent ses fruits. Il en résulte que la grande majorité des jeunes vénézuéliens accède à un niveau de vie totalement inconnu de leurs parents. D’où une modification des comportements, des règles de vie et de la nature des attentes formulées. La majeure partie de ces jeunes (74%) se considère comme membres de la «classe moyenne». Dans leurs divers horizons de vie, ils accordent un rôle central à la formation/éducation comme moyen de réaliser l’ascension individuelle (en tête des motivations les incitant à étudier, 89% des jeunes interrogés citent le désir de se surpasser ou d’obtenir d’un emploi). L’accès à la consommation apparaît comme l’une des principales aspirations et l’un des désirs les plus grands. Être à la tête de sa propre affaire est un des projets les plus récurrents, le secteur des services étant particulièrement prisé. Cette option s’articule de manière complexe avec la mise en application au plan national de la stratégie de souveraineté économique, de développement industriel et agroalimentaire. Dans le même temps, les jeunes vénézuéliens naturalisent les droits sociaux conquis et visent – une fois ces derniers acquis- à accéder à un deuxième niveau de bien-être caractérisé par le temps libre, la culture, le sport et l’épanouissement personnel. Une politique publique d’orientation socialiste doit prendre conscience de ce type d’aspiration pour les articuler avec le projet national.

Deuxièmement, si on prend en considération les questions relatives aux droits civils et moraux, les jeunes vénézuéliens maintiennent une tendance conservatrice. Hors du temps de travail, les différentes églises chrétiennes s’avèrent être des espaces privilégiés de socialisation, et en matière d’attitudes et de valeurs, l’un des principaux référents.

Troisièmement, les nouvelles générations de vénézuéliennes et vénézuéliens  adhèrent à un surprenant consensus autour des concepts fondamentauxdu modèle de pays bolivarien. Ce qui jusqu’ici était le projet d’un acteur politique s’est généralisé sous forme d’un substrat culturel commun à une large majorité de la jeunesse. Cette profonde mutation du sens commun d’une époque, engagée sous l’hégémonie relative du chavisme, s’affirme désormais comme identité politique à part entière, traversant et modifiant les contours de la communauté politique dans son ensemble.

Parmi les systèmes politiques, les jeunes vénézuéliens disent préférer le socialisme, à hauteur de 60%. Le capitalisme ne recueillant que 21% des suffrages. Dans le même temps, 73% optent pour la « démocratie participative » comme système politique préféré. Et ce, loin devant d’autres options, telles que la « démocratie représentative » (6%) ou la « dictature » (6%).

Jeunes protestant contre l’image de la femme dans les médias privés, hégémoniques au Venezuela.

Les deux institutions préférées sont, après les universités (18%), deux organismes de pouvoir citoyen, instances de la participation populaire au sein de l’appareil d’Etat : les conseils communaux (17%) et les missions sociales (13%), suivis à distance respectable par les partis politiques (6%). Au Venezuela, cette forte  valorisation et cette conception « dense » de la démocratie, liées au rôle central de la population ainsi qu’à l’extension de la capacité de décider et à l’amélioration de la vie quotidienne ressortait déjà, à l’étonnement de ses auteurs, du dernier rapport de l’ONG chilienne Latinobarometro (novembre 2013) dont nous avons récemment analysé les termes (3).

Comment est-il possible que ces trois instances narratives coexistent dans  l’imaginaire de la jeunesse vénézuélienne ? Pourquoi ces formes inédites de consensus politique, ne se traduisent-elles pas directement sur le plan électoral ?

A la première de ces questions, il convient de répondre que durant les périodes de transition, le « sens commun d’une époque » est le reflet de tensions, de conflits et de contradictions entre la dynamique de l’ère nouvelle et la résistance concomitante de l’ancien. La jeunesse vénézuélienne a adopté et naturalisé l’ensemble des nouveaux droits relatifs au modèle d’inclusion et les bénéfices de la souveraineté recouvrée et de la démocratie participative. Sans pour autant se départir des valeurs de type consumériste, immédiatiste ou individualiste. Il reste du chemin à parcourir avant de voir émerger un habitus civico-républicain, un engagement vis-à-vis de la sphère publique.

Cette étape ne sera pas une pure négation mais l’intégration d’une grande partie de ce qui existe déjà dans un ensemble et dans un projet de signe différent.

À la seconde question on pourrait répondre que le paradoxe d’une hégémonie réside dans le fait que ses idées se transmettent à l’ensemble de la société. Ainsi, la principale victoire du chavisme, à savoir le renforcement du pouvoir citoyen et la diffusion du “droit d’avoir des droits”, signifie plus qu’une récompense, un défi :  celui d’être à la hauteur d’une nouvelle génération de demandes et les insérer dans la construction d’un ordre institutionnel et culturel au sein du modèle de pays voulu par la grande majorité des jeunes vénézuéliens.

Auteur : Íñigo Errejón, Docteur en Sciences Politiques, Directeur de la ligne de recherches “Identités politiques” à la Fondation GIS XXI

Source : http://www.gisxxi.org/articulos/la-juventud-del-cambio-de-epoca-en-venezuela-gis-xxi/

Traduction de l’espagnol : Jean-Marc del Percio

Notes:

(1) Une violence telle que, pour la première fois, un maire de droite d’un arrondissement de Caracas, Ramon Muchacho, a critiqué les dirigeants de son propre camp pour ces destructions d’infrastructures, d’immeubles, de commerces et de transports en commun. Par ailleurs, pour certains analystes, cette stratégie de la violence reflète la guerre de pouvoir entre “électoralistes” et “pustchistes”, au sein d’une droite en déclin.

(2) http://www.avn.info.ve/contenido/federaci%C3%B3n-estudiantes-chile-rechazan-intento-desestabilizaci%C3%B3n-venezuela

(3) Voir“Confiance des citoyens latino-américains dans la démocratie : record au Vénézuéla, agonie au Mexique” (Latinobarometro / John L. Ackerman),http://venezuelainfos.wordpress.com/2013/11/13/confiance-des-citoyens-latino-americains-dans-la-democratie-record-au-venezuela-agonie-au-mexique-latinobarometro-john-l-ackerman/

“El maizal” : comment naquit notre commune

“El maizal” : comment naquit notre commune

Par Ernesto Cazal

Place La Mora, à Barquisimeto. Des communards venus de tout l’État Lara savourent leurs retrouvailles : conversation, café, mégaphone. “Commune ou rien” est le slogan d’une nouvelle histoire. Une femme marche avec peine, presque en larmes, lance un appel à l’unité. Dans sa communauté “Artilleros del Norte”, en particulier dans les conseils communaux, on n’a pas la force de mener de concert tout ce qui reste à faire. Elle demande à être écoutée. Dans la marche, de plus en plus serrée, les communards de “El Maizal” se font remarquer. Parmi eux Bernarda Pérez, au poing levé : “grâce à l’organisation nous ne sommes plus des étrangers les uns pour les autres, nous avons tissé des liens de fraternité”.

La commune “El Maizal” est née de l’expropriation en 2009 du grand domaine du même nom. 320 hectares semés, 240 hectares de pâturages (300 têtes, selon Ángel Silva, éleveur local), c’est la moyenne de production annuelle. La Corporación Venezolana Agrícola (CVA) et l’entreprise socialiste “Pedro Camejo” ont aidé à récupérer les terres mais ce furent les communards qui ont bataillé le plus pour sauver ce qui aujourd’hui leur appartient.

Les terres appartenaient au lieutenant Orlando Alvarado. La perte de ces 600 hectares n’ont pas égratigné le bourgeois : il lui reste 34.000 hectares et même un peu plus disent les communards. Les barbelés s’étendent de Sarare jusqu’à Chupa La Flor. Un rugissement court la plaine : “tenaille, tenaille”.

Ils se sont assis pour boire un café à l’ombre d’un “samán”, arbre énorme qui surplombe les autres. Chávez leur a remis personnellement les terres. Le porte-parole de la commune, Ángel Prado, parle avec fierté de ce qui fut le moment fondateur de leur lutte. Hilda Sánchez raconte comment le comandante insista auprès d’eux pour qu’ils organisent la commune et “qu’on améliorerait la route pas pour faciliter le transport de marchandises au service des riches, non. Pour qu’elle permette au peuple de l’État de Lara de construire une nouvelle économie productive”. L’immense massif Miranda, partagé avec l’Araure, façonne le paysage de cette étendue de terre située en bordure de la route et des villages de la municipalité Simón Planas.

La Commune Socialiste El Maizal s’est constituée à cheval sur deux états, Lara et Portuguesa, qui unissent aujourd’hui leurs forces pour détruire le régime politico-territorial imposé par l’oligarchie contre laquelle s’était rebellé le général des “hommes et terres libres” Ezequiel Zamora au 19ème siècle. Les habitants de Portuguesa ont commencé à voir le mouvement, la commune, Chávez, ils ont commencé à migrer jusqu’ici. Douze conseils communaux de cet état font partie de la commune — dit José Gregorio Bermúdez, plus connu comme Chegolo.

Les deux états sont séparés par le fleuve Auro, qui traverse les collines de Palmita, Montañuela, Payara, Castañeda, et “se perd dans les plaines de l’ouest” explique-t-il en ajustant sa casquette.

Faute d’appui de la mairie et du gouverneur de l’État de Lara, la commune sert à résoudre les problèmes cruciaux. Les communards sont nombreux et travaillent ensemble. Chegolo explique qu’ils sont restés sans eau pendant cinq ans et sans électricité jusqu’il y a peu, que pendant quarante ans les gens ont habité des baraques qui s’écroulaient à tout bout de champ jusqu’à la révolution et la décision de s’organiser pour obtenir des ressources destinées à un projet d’auto-construction. La commune développe plusieurs projets d’infrastructures et possède plusieurs jeeps et unités de transports collectif. Dans l’entreprise de Propriété Sociale (EPS) “Gaz Communal Camilo Cienfuegos” qui fait aussi partie du projet socio-productif de la commune, dix personnes travaillent. Sur les terres, il y en a 18, auxquelles se joignent six autres pour les semailles, comme travail volontaire. Des machines allègent les grands mouvements que doivent faire les communards pour travailler la terre.

Ils sont conscients des tragédies de la macro-production en matière paysanne. Il faut employer des machines, des produits agro-toxiques et même des semences OGM pour pouvoir affronter la concurrence. Ce n’est pas faux : la sacro-sainte industrialisation risque d’empêcher un processus réellement révolutionnaire dans l’agriculture. Pour la germinaison du maïs on utilise les Semences Hybrides du Venezuela (Sehiveca), filiale d’Agropatria (entreprise publique de distribution d’intrants agricoles). A quoi s’ajoutent des semences hybrides importées du Mexique, entre autres de la corporation Pioneer.

La paysanne afro-descendante María Ochoa, une communarde au corps maigre, récemment diplômée en production agro-alimentaire à Sarare, privilégie l’option de la petite échelle : “il faut profiter de chaque terrain disponible pour créer des “conucos” (lopins productifs traditionnels), nous devons produire pour nous-mêmes. Cette terre est bonne, fertile”.

Il y a quelque chose de grave dont tous se plaignent. Julio Álvarez, qui travaille au sein de la commune “Negro Miguel” (municipalité Simón Planas) : “ce qu’il y a ici, surtout dans les plantations de café, dans les montagnes et dans les collines, c’est beaucoup de délinquance, ce ne sont pas de petites frappes, non, des gros poissons, toute une mafia organisée”. Il y a des paramilitaires installés derrière les collines qui embrassent le territoire de la commune, qui volent et qui menacent constamment la vie des communards. Des paramilitaires qui travaillent de concert avec des secteurs corrompus de la garde nationale et du gouvernement régional de Henri Falcón. Pour l’heure, l’impunité règne : ces dernières semaines ils ont tué deux jeunes compagnons d’El Maizal, sans oublier des vols de véhicules de la commune et un attentat contre le dirigeant communard Ángel Prado.

Photos: Veronica Canino

Source :  http://www.comunaadentro.blogspot.com/2014/01/de-entre-las-espigas.html

Un souffle repris…

Un souffle repris…

Nommé au Ministère de la Commune par Nicolas Maduro, le sociologue critique Reinaldo Iturizza (photo) a pour mission d’appuyer la construction de ce levier stratégique dans la transformation du vieil État. Il  a commencé par changer la méthode. Fi de toute imposition d’un “modèle”. Écouter, écouter les critiques et les propositions citoyennes. Des journalistes comme Aquarela Padilla ont commencé à écrire cette chronique communarde, non plus pour vendre – comme le font encore d’autres institutions de l’État – le socialisme comme un “produit” mais pour se faire l’écho des voix populaires. Son récent article a été publié (en espagnol) sur le site du Ministère de la Commune :http://www.mpcomunas.gob.ve/la-comunaun-aire-recuperado/

T.D., Caracas, février 2014.

Un souffle repris…

Par Aquarela Padilla

Ici les distances se mesurent différemment, il faut s’habituer à ces ruses du temps; nous voulons atteindre du regard tout l’horizon, le secret de ce calme, mais tant de plaine et de pluie nous débordent les yeux, la poitrine. Nous avons avalé les heures et les kilomètres comme des quartiers de mandarine, jusqu’à la rencontre… Au milieu de la terre, un arbre Pomalaka aux fleurs fuschia remplit l’espace : c’est là que nous faisons la connaissance des membres de la Commune Luisa Cáceres de Arismendiqui fait partie de la Cité Communale Francisco de Miranda, dans l’État de Portuguesa.

Le café qu’on nous offre est le rite du commencement de la journée. C’est ainsi, tasse serrée entre les doigts, fumée dans les narines, que nous commençons à comprendre ce qui naît en ces lieux; chaque maison a son potager. A chaque coin un arbre plein d’ombre et à l’infini, les champs de riz.

Ney Sánchez

Ney Sánchez est un homme qui se lève tôt : son accent le révèle. Quand il commence à nous raconter la commune, c’est de lui qu’il parle, et des autres, de sa famille, des enfants qu’il embrasse endormis à la tombée du jour. “Nous avons choisi le nom Luisa Cáceres, dit-il,parce que 80 % des membres de l’organisation sont des femmes et qu’elles ont voté en majorité pour ce nom” (1). Il est si sûr, Ney, de ce qu’il raconte, que les mains s’envolent à chaque point et reviennent en place après une pause. Chaque phrase est directe, porte : “auto-gouvernement”, “dépasser le pouvoir des mairies”, “la participation directe du peuple”, tout l’effort qu’a coûté la construction a valu la peine, malgré la négligence, la complicité et le sabotage de quelques fonctionnaires et de dirigeants choisis dans les urnes.

On sent chez ces communard(e)s la fermeté d’une position politique : tous argumentent et dénoncent avec la rage de qui sait qu’il possède la raison et la justice. L’héritage de Chavez est plus fort que tout opportunisme, et c’est pour cela qu’ils continuent de voter pour des candidats de papier quand il le faut, même s’ils savent que là n’est pas la voie mais dans la lutte collective, au coude à coude. S’ il est posible de dire quelque chose du “chavisme” c’est cette fidélité à l’idée, ce pari sur l’espoir, là où se noue l’affrontement direct entre celui qui a tout et celui qui vend sa récolte pour quelques sous afin de payer les chaussures du petit pour l’école; Et cela n’a pas cessé en pleine révolution, la Garde Nationale reste un instrument répressif contre le paysan, les crédits continuent à arriver au patron, certains dirigeants se lavent les mains, complices, avant de se faire prendre en photo pour la postérité; les gens continuent à croire en Chávez… il n’y a pas de peuple vaincu.

Le courant paysan Bolívar et Zamora a appuyé la naissance de cette organisation; mais c’est avant, en 2006, qu’ont commencé à se former les Conseils communaux. “Nous sommes nés sans formation, Chavez voulait que le peuple s’organise, nous avons démarré avec 30.000 Bolivars, ce fut une erreur; c’est avec cela que nous avons construit un couloir pour l’école et un toit avec sa plate-forme pour l’école maternelle; mais nous avons éprouvé le besoin de nous former, d’organiser le contrôle social. La faiblesse des conseils communaux, c’est que nous ne sommes pas tous convaincus de la nécessité de cette construction, les partis politiques nous divisent aussi”. Quand sont venus les militants du courant Bolivar et Zamora, avec leur expérience de l’État d’Apure, nous avons désigné en assemblée la commission de lancement de la commune. Parallèlement à ce processus d’auto-gouvernement, le gouvernement officiel créait les zones communales selon un découpage géographique différent de celui décidé par la population et sous une forme juridique qui empêchait l’usage direct des ressources par les Conseils communaux.

Aujourd’hui Luisa Cáceres de Arismendi est une des communes agricoles les plus productives du pays; si la Patrie était un corps, San Genaro serait la bouche… Ocumo, papaye, banane à cuire,  manioc, oignon, riz, maïs et tomate font partie des 27 cultures mises en production sur les 8000 hectares que couvre la Commune. On estime la production quotidienne à 40 tonnes qui sont revendues dans les supermarchés à un prix trois fois plus élevé que celui payé au paysan. “Il faut en finir avec ce modèle qui règne depuis 50 ans, il faut installer des Entreprises de Production Sociale; échanger, envoyer ce manioc directement aux autres communes, casser les chaînes de l’intermédiaire privé et du capitaliste” poursuit Ney.

Une partie du problème à résoudre est que les unités de stockage et de distribution les plus proches se trouvent dans les chefs-lieux, à Acarigua ou à Guanare, ce qui rend le transport de la récolte si coûteux; d’un autre côté il y a les intrants qui doivent être garantis par Agropatria (entreprise publique, NdT) mais qui arrivent… après le cycle des semailles.

Un drapeau qui flotte peut signifier beaucoup de choses, surtout s’il est désigné par la main d’une survivante… Elle, elle est arrivée il y a vingt ans, fuyant la guerre en Colombie, elle a vu mourir ses frères, elle sent encore le feu dans ses mains et dans sa poitrine, raconte-t-elle, le bruit que laisse l’horreur, parce que ses frères sont tout un peuple, tout un peuple en flammes. Chaque fois qu’elle dit “Colombie”, ses yeux se mouillent, la mort ne fait pas de trêve à la mémoire. Elle est son histoire, le portrait vivant de son massacre, elle militait dans l’Union Patriotique, camarade de Gaitán et de Bolívar, camarade de Chávez avec qui elle s’est réunie dans la clandestinité, avant son “pour l’heure…” “Je suis exilée, j’ai subi la guerre, j’ai 40 ans, je suis de gauche, et j’ai suivi ma route, persécutée par Uribe quand il était gouverneur, il fut le chef direct des paramilitaires – c’est là la racine principale des assassinats commis en Colombie; et Santos aussi, qui fut son ministre de la défense, ils ont assassiné la Colombie, ils ont assassiné les pauvres, le paysan, l’humble…Tous ces morts nous les devons à Uribe, ce fut pire que Pinochet, la bourgeoisie colombienne ce sont 300 familles très puissantes; les gens aussi sont très courageux, j’en ai connus qui ne se sont jamais rendus”.

Elle sait que toute naissance est difficile et que la Commune est une respiration, un souffle repris, en fin de compte c’est la même semence qu’elle a toujours défendue. “Ce ne sont que 14 ans, c’est comme lorsqu’un enfant naît et qu’on regarde comment il se met à marcher, tel est le Venezuela, là-bas en Colombie on a vécu 65 ans de lutte. Chavez, ce fut le meilleur de ce qui pouvait nous arriver 200 ans après Bolívar, il a touché tout le monde, les enfants, les vieux, il nous a rendu les clefs de l’Histoire, et nous a brisé le coeur quand il nous a laissés”.

Pour protéger sa vie, nous tairons son nom, c’est sa force morale qui importe, les femmes de la commune l’appellent “la grand-mère”. Ensemble elles nous montrent la plaie ouverte, elles disent encore qu’une révolution se gagne avec le ventre plein et que chaque fois qu’elles arrosent la terre et portent les petits-fils sur la hanche, elle se sentent “révolution”.

Photos : Veronica Canino

Source : “La Comuna… un aire recuperado”,http://www.mpcomunas.gob.ve/la-comunaun-aire-recuperado/

Traduction de l’espagnol : Thierry Deronne

Note :

(1)   Luisa Caceres Arismendi (1799-1866),  héroïne républicaine de la lutte pour la libération et l’indépendance du Venezuela contre la monarchie espagnole. Ses restes reposent au Panthéon, à Caracas.

URL de cet article : http://venezuelainfos.wordpress.com/2014/02/01/un-souffle-repris/