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“Les collectifs sont synonymes d’organisation, non de violence”, ou pourquoi les médias internationaux n’ont jamais parlé de la démocratie participative en construction depuis 15 ans

“Les collectifs sont synonymes d’organisation, non de violence”, ou pourquoi les médias internationaux n’ont jamais parlé de la démocratie participative en construction depuis 15 ans

Un des traits de l’extrême-droite qui s’est récemment insurgée contre les résultats électoraux au Venezuela ou au Salvador est sa “culture paramilitaire”. L’idée est de détruire tout ce qui bouge en matière de démocratie participative, assassiner sélectivement des dirigeants communaux, installer une culture de la peur. Les médias privés, hégémoniques dans ces deux pays, contribuent à cette campagne de criminalisation des mouvements sociaux. C’est sur ce combat d’arrière-garde (mais aussi et surtout sur la construction de l’État communal, occultée depuis quinze ans par les médias internationaux) que le journaliste Clodovaldo Hernandez a interrogé le sociologue critique et enseignant universitaire Reinaldo Iturizza, nommé Ministre de la Commune et des Mouvements Sociaux par Nicolas Maduro.

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Par Clodovaldo Hernandez/Spécial Ciudad CCS.

Clodovaldo Hernandez – Nous assistons depuis peu, à une entreprise de criminalisation des organisations populaires. A l’instar de ce qui s’est produit en 2002, avec le cas des Cercles Bolivariens, on prétend aujourd’hui attribuer la responsabilité du recours à la violence aux « collectifs » que l’on qualifie de groupes para-militaires armés. Selon vous, ce type de matrice risque-t-elle de s’imposer à l’opinion, à l’image de ce qui s’est déroulé en 2002 ?

Reinaldo Iturizza – C’est déjà fait. On le voit à travers les très délimitées mais néanmoins intenses démonstrations de haine qui se manifestent sur le territoire de certaines communes du pays. Elles sont parties prenantes de la culture politique propre à un secteur spécifique de l’opposition vénézuélienne. Je persiste à penser -je ne sais si cela dénote une certaine forme d’ingénuité- que tout cela relève d’une attitude minoritaire.Je connais de nombreuses personnes qui ne sont pas chavistes, mais qui ne pensent pas pour autant ainsi. Nous sommes toutefois en présence d’un noyau très dur de l’opposition qui s’avère être véritablement et ouvertement fasciste.

Q – Cette forme de contestation atteint-elle les rangs des partisans de la Révolution ?

R – En aucun cas la base sociale du chavisme n’a été sensible à ce type de discours. De fait, je suis convaincu que lors du coup d’État contre le président Chavez en avril 2002, les multiples démonstrations de force (les marches) de l’opposition, furent rendues possibles du fait que le registre de la « peur » avait été très habilement instrumentalisé par celle-ci.

Une forme de crainte essaima et s’empara de nombreuses personnes, se traduisant ainsi : le chavisme aurait été violent et criminel. Les retombées de ce travail psychologique ont perduré, et nous n’avons pas réussi à en effacer complètement les effets. Je crois que nous allons être confrontés à un type de scénario identique que nous avons le devoir de combattre et ce, jusqu’à ce que la volonté de paix émanant de la majorité du peuple, s’impose durablement.

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Q. – Cette campagne de diabolisation des collectifs retentit-elle sur eux, et contribue-t-elle à instaurer un climat d’usure au sein des diverses formes d’expression de pouvoir populaire tels que les conseils communaux et les communes qui l’incarnent ?

R – En aucune manière. Sur le plan interne, il se produit au sein des collectifs le même type de réaction que lorsque le fascisme s’en prend au chavisme d’une manière générale: les gens se regroupent et la cohésion de groupe en sort renforcée. Les actions récentes de l’antichavisme, dont la virulence est bien supérieure a ce qui s’est déroulé dans le passé, ont favorisé la montée en puissance d’un effort décisif, s’enracinant dans l’approfondissement du travail des collectifs à l’intérieur de leurs communautés respectives.

Dans certains quartiers, les collectifs exercent un rôle jamais égalé, qui consiste à s’occuper prioritairement de secteurs aussi importants que la formation politique et les diverses formes d’expression culturelles et sportives. Par ailleurs, de nombreuses facettes des politiques mises en chantier par le gouvernement bolivarien – par exemple les Missions sociales – trouvent une application concrète du fait de l’existence de ces collectifs.

Q – Quelle est la réalité de la relation qui unirait les collectifs et le recours aux armes ?

R – Il n’est pas possible d’établir un lien entre les collectifs et le recours aux armes. Je crois que sur ce plan, le président Chavez en premier lieu, et le président Maduro plus récemment se sont fixés une ligne de conduite, sans la moindre équivoque : quiconque prend les armes au motif qu’il serait nécessaire de défendre la Révolution Bolivarienne se place hors jeu et hors la loi. Parce que c’est l’Etat et personne d’autre qui possède le monopole de la force comme obligation démocratique. Nous avons par ailleurs à fournir un effort d’explication à ce sujet, afin d’écarter le risque qui consisterait à focaliser le débat sur les termes de cette alternative. Car pour nous, l’action des collectifs ne peut en aucune manière se dérouler sur le terrain de la violence ou des armes, mais sur celui de la participation, de l’organisation et de la mobilisation populaire, du travail en commun avec un gouvernement révolutionnaire, afin de résoudre les problèmes concrets qui se posent aux communautés.

Q – Etablir un lien entre les collectifs et la violence, correspond-elle à une ligne politique qu’adopterait la droite contre la capacité organisationnelle du peuple ?

R – Cette ligne est claire et s’inscrit indubitablement dans la durée. Dans ce domaine, l’action de l’antichavisme est parfaitement cohérente. Il sait qu’afin d’atteindre les objectifs politiques qu’il s’est assigné, il est nécessaire de criminaliser quelque forme que ce soit, d’organisation populaire. Parce que cette dernière est le principal obstacle à abattre sur la voie qui doit mener à la défaite de la Révolution. Les tenants de l’antichavisme savent pertinemment que plus le peuple affiche clairement sa volonté de s’organiser, plus les chances de mettre en déroute la Révolution s’amenuisent. Nombre d’entre eux manifestent la ferme intention de se lancer dans une entreprise de démoralisation des masses révolutionnaires.

Très habilement, en 2012, Capriles Radonski entouré de son équipe de campagne présidentielle se plaça dans cette perspective, lorsqu’il aborda le thème du pistonné (“enchufado”). A aucun moment, cette initiative ne déstabilisa les hauts dirigeants. Elle visait cependant à incriminer les Conseils communaux et ses porte-parole. Pour ce faire, il s’est appuyé sur l’existence en nombre minoritaire, de cas de pratiques douteuses et de corruption. Ils avaient d’ailleurs été signalés par les membres eux-mêmes des Conseils communaux. La campagne de Capriles Radonski a par conséquent consisté à démontrer que ces cas isolés relevaient de pratiques inhérentes à l’ensemble des Conseils communaux en tant que tels. La manœuvre, si elle avait atteint son but, aurait débouché sur la destruction de cette structure organisationnelle.

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La droite sait qu’au travers des Conseils communaux, c’est le peuple qui se manifeste par sa participation active. Le peuple a qui n’avait jamais été donné auparavant, la capacité d’occuper le champ de la politique active ; a qui n’avait jamais été donné auparavant la faculté d’administrer ses propres ressources. C’est pourquoi les Conseils communaux représentent autant d’espaces fondamentaux au sein desquels il est donné à la Révolution Bolivarienne, la possibilité de s’épanouir.

C’est également la raison pour laquelle il est nécessaire pour la droite de les soumettre au feu roulant de ses critiques. L’enjeu essentiel consiste à ce que le peuple ne croie plus en ses propres potentialités; qu’il considère ses porte-parole et ses organisations ad hoc, comme un problème et non plus telles qu’elles sont réellement, c’est-à-dire une partie constitutive de la solution.

Finalement, la droite et tout particulièrement son aile fascisante, sont guidées par une raison conjoncturelle qui les incitent à criminaliser les structures populaires de type collectif. Car il s’agit de rejeter sur elles, la responsabilité d’actions violentes dérivant de leurs propres rangs ; d’avoir à leur disposition un coupable désigné d’avance, qui leur laisse la latitude de prétendre que la violence viendrait d’ailleurs.

UN PROFOND BOULEVERSEMENT CULTUREL

Q – Outre ce genre de campagnes, les organisations populaires affrontent d’autres difficultés. La prédominance au sein même des secteurs populaires, de valeurs inhérentes au capitalisme telles que l’individualisme et l’égoïsme, sont des exemples à citer. Comment appréhendez-vous ces questions, vous qui en avez été dans un premier temps le théoricien, et qui depuis quelque temps, les percevez à travers une expérience pratique directe ?

R – Je crois que la faculté de survie du processus politique en cours, tient dans sa capacité à réinventer d’une manière récurrente ses propres formes et espaces de participation et d’organisation. Le president Chavez s’appuya sur un principe : dépasser/amender la logique de la démocratie représentative, et les espaces traditionnels de participation. Il ne s’agit toutefois pas de faire abstraction des partis et des syndicats.

Nous nous efforçons néanmoins de réinventer d’une manière systématique l’exercice effectif de la politique. Je reconnais qu’à un certain moment, j’étais convaincu de la nécessité de réviser et réinventer le mode de fonctionnement des Conseils communaux. Cependant, lorsque j’ai commencé à vivre concrètement mon expérience de ministre -notamment lorsque nous avons jeté les bases du Gouvernement dans la rue- je me suis mis à comprendre nettement mieux, l’idée que le président Chavez se faisait des Conseils communaux, quand il en a conçu la nécessité. C’est à ce moment-là, je l’affirme avec humilité, que j’ai saisi l’importance de la place stratégique, que les Conseils communaux occupent au sein même de notre Révolution. Par voie de conséquence, j’ai estimé à sa juste mesure ce qui se fit au sein de ce Ministère, avant l’accession aux affaires de l’équipe qui m’accompagne.

Il n’y a pas un seul lieu du pays qui soit dépourvu d’organisation populaire. Partout, il se trouve des gens qui savent où se situent les problèmes les plus importants… En vérité, aucun d’entre nous n’a manifesté la capacité suffisante à rapporter l’histoire de l’impressionnante et profonde transformation, qui s’est opérée en matière de culture politique. En règle générale, les gens qui assument la fonction de porte-parole au sein de ces organisations, prêteront une moindre attention à leurs problèmes individuels et familiaux. En revanche, ils s’intéresseront prioritairement aux questions à résoudre ayant trait aucollectif dans son ensemble.

Il est indéniable, qu’il subsiste ici et là des cas d’individualisme. Il est parfois possible de constater que la communauté ne s’implique pas autant qu’il le faudrait dans la recherche de solutions aux problèmes qui lui font face. Elle se décharge de toute responsabilité en se tournant vers ses porte-paroles, qui ne souhaitent pas endosser le rôle de représentants permanents… Cependant, ils finissent par endosser ce rôle du fait de l’absence de participation de la majorité des gens concernés.

Nous rencontrons par ailleurs des problèmes liés à une réactivité défaillante des structures institutionnelles et de l’Etat, lorsqu’ils doivent répondre aux sollicitations émanant des Collectivités. Or, si le temps de réaction est trop long, les porte-paroles qui assument la fonction d’intermédiaires entre ceux-là et celles-ci, se trouvent en porte-à-faux vis-à-vis de ceux qui lui confient cette tâche.

L’image de l’Etat en pâtit également. En tout état de cause, cette génération d’hommes et de femmes -surtout les femmes- qui ont assumé ces lourdes responsabilités, qui ont donné corps au protagonisme collectif, méritent qu’on leur rendent hommage, bien au-delà des formalités d’usage.

Tôt ou tard, c’est à nous qu’il incombera de mettre en valeur l’énorme travail qui a été réalisé au sein de ces nouveaux espaces de citoyenneté. Dans le même temps, il nous revient d’être très fermes, lorsque nous nous trouvons confrontés à des cas qui démontrent que les assemblées de citoyens et de citoyennes ont été abusées. Nous songeons à ceux qui usent de leur charge de porte-parole aux fins d’enrichissement personnel ou au profit d’individus ou de petites coteries. Tout cela doit être sanctionné. Ce sont des obstacles qui se dressent face au chemin que se tracera toute révolution. Ils peuvent être néanmoins vaincus, parce qu’ils ne représentent que des cas isolés.

Q – Ce que l’on appelle la “contraria social”, a-t-elle gagné du terrain parallèlement à ces changements qui remodèlent la culture politique vénézuelienne ?

R – Lorsqu’on aborde le thème de la conduite de ses propres affaires par le peuple, de nombreux préjugés surgissent. On dit que nous sommes en train de donner aux gens la capacité de prendre en mains leurs propres affaires, alors qu’ils ignorent tout des règles de l’administration générale. Il ne faut pas oublier que le chemin que nous empruntons vient tout juste d’être défriché. Nous parlons en outre d’un peuple à qui l’on n’a jamais suggéré de participer à la gestion de ses ressources. Il est évident que lorsque nous avons affaire à une première fois, les problèmes ne manquent pas de se manifester. Cela ne signifie en aucune manière que l’on doive adopter la posture complaisante du « laisser aller » et du « laisser faire ».

En revanche, il nous faut fournir des efforts afin de viabiliser les pratiques inhérentes à la contraria social. Il faut veiller à ce que le contrôle populaire en matière de gestion, soit amélioré. Cela implique par exemple, que l’Etat y mette du sien, en faisant en sorte que l’ensemble de ces processus se « débureaucratisent ». Il se doit également d’être encore plus efficace, dès lors qu’il s’agisse d’appuyer les communautés manifestant le souhait de soutenir leurs Conseils communaux respectifs.

LES MÉDIAS, LE TRAVAIL QUI RESTE À FAIRE

Q – Il est clair que les médias privés s’opposent aux diverses formes d’organisation populaire. Par contre, que se passe-t-il au sein du secteur public et des médias populaires, communautaires ou alternatifs ? Ont-ils progressé dans leur tâche visant à contrebalancer le poids de ces systèmes destructeurs ?

R – Je crois que nous avons avancé à pas très lents. Mais le président a beaucoup insisté pour metttre en oeuvre des projets comme la télévision de la commune, VTV Comunas, dont nous verrons bientôt les premières images. Sur ce thème nous avons réfléchi et je peux dire, de manière auto-critique, qu’il nous reste beaucoup, beaucoup à faire pour avancer dans la diffusion de tout ce que réalise le pouvoir populaire. Il s’agit de raconter beaucoup d’histoires qui se passent en ce moment précis simultanément, dans beaucoup d’endroits, au moment précis où nous nous exprimons. Ce sont des milliers et des milliers de personnes qui ont quelque chose à dire. Et que l’on doit entendre. Il nous reste beaucoup à faire.

Q – L’un des secteurs partie prenante de la Révolution, qui occupe une place importante au sein du débat idéologique, affirme que l’organisation du peuple sur la base des Conseils communaux et des communes, ne peut mener au socialisme, au motif que cette structure organisationnelle enfante une sorte d’individualisme incitant les milieux concernés à s’occuper de leurs intérêts spécifiques. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

R – Je ne suis absolument pas d’accord avec cette analyse. Je répète pour ma part, que le destin de la révolution est subordonné au fait qu’elle se donnera ou non, la capacité à inventer ou réinventer des formes de participation inédites. Le président Chavez s’est exprimé clairement à ce sujet, au moment où le processus révolutionnaire en était encore à ses premiers balbutiements. Il avait clairement conscience du fait qu’il serait nécessaire de susciter l’émergence de formes de participation pourvues d’une logique réticulaire.

En octobre 2012, il évoqua l’existence de cette immense réseau qui s’étend sur l’ensemble du territoire de la Patrie. Cette logique réticulaire se différencie des formes traditionnelles de participation. Je suis quant à moi, un ferme défenseur du parti parce qu’il est nécessaire à l’accomplissement de tâches/devoirs spécifiques. Cependant, toute révolution se doit d’explorer en permanence le champ des structures organisationnelles, et ne pas se cantonner uniquement à la forme d’un parti. Je n’affirmerai cependant pas que les Conseils communaux s’avèrent être la configuration ultime de la participation.

Il me semble toutefois qu’en ce moment historique précis, la continuité de la Révolution Bolivarienne repose sur eux. Si les Conseils municipaux n’existaient pas, la Révolution Bolivarienne ne serait pas soutenue telle qu’elle l’est. Si tout cela devait s’améliorer dans le futur, on ne pourrait que s’en féliciter. Cela reste à voir. En tout état de cause, la décision ne relèvera en aucune manière d’une personne quelconque qui formulerait une analyse politique. C’est au peuple vénézuelien, qui a élu les dirigeants politiques actuels, qu’échoit cette responsabilité. Je crois que les conditions sont réunies pour s’en remettre avec confiance au peuple et à la direction politique de la Révolution.

Depuis quelques mois, le président Maduro démontre qu’il est certes, le président légitime et constitutionnel, mais aussi un leader politique de la révolution, qui se révèle peu à peu. C’est parfois difficile de songer à un autre leader après une personnalité aussi marquante que celle de Chavez. Je crois cependant que Maduro réussit à atteindre des objectifs qui lui sont propres. C’est une réflexion à laquelle devrait s’adonner les bolivariens issus des rangs de la vieille gauche. S’ils manifestaient un tout petit peu plus de confiance envers les gens, peut-être réussiraient-ils ce que Chavez réalisa à partir de 1998.

UNE DÉFINITION POURVUE D’UNE ÂME.. MAIS AUSSI DE CHAIR ET D’OS.

Qu’est-ce qu’une Commune ? C’est la question que se posa le sociologue Reinaldo Iturriza lorsqu’il accéda à la fonction de Ministre du Pouvoir Populaire pour les Communes et les Mouvements sociaux. Inutile de recourir à une définition purement académique. « Cette définition doit découler d’une considération d’ensemble, pourvue d’une âme, mais aussi de chair et d’os. Dès le départ, nous avons eu cette conviction : cette explication, ce sont les femmes et les hommes, en tant que parties constitutives des Communes, qui doivent l’apporter. Sans cela, personne n’en comprendra le sens profond » dit-il.

Il s’est par ailleurs penché sur un autre type d’interrogation : Qu’est-ce qui fait, que les gens souhaitent se constituer en commune ? Les diverses conversations qu’il a entamé avec les acteurs sociaux concernés l’incite à être très optimiste. Bien évidemment, de très nombreuses personnes se sont mobilisées. Et ce, grâce à la capacité de réveiller, de stimuler politiquement que Chavez a manifestée. Il est cependant possible de discerner l’existence d’autres raisons à cette mobilisation, différant de celles qui relèvent du rôle décisif/stratégique qui incombe au leader. « Il existe nombre de raisons qui inspirent l’action des gens, et qui feront finalement la différence. Ce sont celles-ci que nous nous devons de diffuser » commente-t-il.

Intégré à un cabinet ministériel après avoir acquis une grande notoriété en tant qu’analyste politique très pointu, Iturriza a bénéficié d’une rare opportunité : parcourir le pays et par conséquent, approcher de près ce que l’on nomme le “pouvoir populaire“. Alors que pour d’autres, tout cela relève de la pure abstraction. « Je crois qu’il est indispensable de fournir tous les efforts nécessaires, afin de créer les conditions d’une émergence : celle de l’auto-gouvernement populaire, pour que l’acteur réel de ce processus soit le peuple en tant que force organisée ».

THÉORIE ET PRAXIS

Son total engagement en faveur de la révolution allié à un constant esprit critique, fut ce qui attira l’attention du président Chavez. L’un de ces articles publiés à l’issue des élections législatives de 2010 fut remarqué par le leader bolivarien, qui en fera l’éloge au cours de l’une de ses interventions publiques. Dès lors, comme tout ce qui sera touché par la “baguette magique” de Chavez, Iturriza ne pourra plus échapper à la notoriété, bien qu’il soit de ces hommes qui préfèrent la discrétion. Bien évidemment, cette recommandation expresse du président a fini par influencer sa nomination à la tête des Communes et des Mouvements sociaux.

Avec cette vision des choses tout à la fois engagée et critique, et doté d’une expérience pratique résultant d’un investissement quotidien, il s’immerge totalement dans les eaux du pouvoir populaire. De ce fait, il peut tracer l’ébauche d’une analyse relevant de la théorie et de la praxis : « Il est absolument courant qu’au sein même des révolutions, surgissent des forces qui misent sur la bureaucratisation des processus, et que d’autres se défient du peuple, même si tout cela semble contradictoire. Je crois que c’est la raison pour laquelle le Président Chavez s’engagea personnellement et avec force, afin que les ministères soient dotés de l’appellation « du Pouvoir Populaire ». Certaines personnes ne se satisfont pas de ce vocable pour des raisons très valables, mais ce sont les bureaucrates qui le détestent le plus.“

Traduction de l’espagnol : Jean-Marc del Percio

Coups, Media and Stalemates: What Violent Protests Mean for Venezuela

Coups, Media and Stalemates: What Violent Protests Mean for Venezuela

Venezuelanalysis.com’s staff writers offer their concise insights on three different angles of the violent protests that have been occurring in the country: the opposition’s strategy, how the media have reacted, and the implications of the protests for the Bolivarian Revolution.

#1: An Opposition Coup Against The Opposition

Ryan Mallett-Outtrim

The Venezuelan opposition has launched a coup against itself, not against the government. Two strains of the opposition movement are vying for dominance over each other, though they both share the same overarching strategy.

The current opposition strategy is to pressure Nicolas Maduro into resigning from office, and prompt another presidential election. They intend to win the next election by terrorising swing voters into capitulating to the opposition.

For now, this is the only real option available to the opposition. The military is firmly aligned with Chavismo, ruling out a repeat of the April 2002 coup attempt. However, a possible recall referendum is still two years away, plus the far right is short sighted and generally apathetic towards democracy anyway.

Maduro’s slim electoral victory last April illustrated that a sizable chunk of the electorate can quickly swing from Chavismo to the opposition if enough pressure is applied. In April 2013, all the opposition needed was a simple carrot and stick. Opposition candidate Henrique Capriles’ well choreographed electoral campaign promising a squeaky clean Chavez-lite was backed by a convenient spike in scarcity. And he almost won.

In the lead up to the 12 February violence, Venezuelans have faced more demoralising scarcity than last April. Along with daily queues outside supermarkets, in places like Merida there has been a steady stream of violence from opposition groups in recent weeks. Now, they’re upping the ante.

Although the vast majority of the opposition appear to back the forced resignation strategy, there are two distinct camps. The moderate majority of the opposition movement have advocated for peaceful demonstrations against Maduro, against a backdrop of growing hostility between the government and the private sector.

In recent weeks Capriles has become something of a poster child of the moderates. He had drifted away from extremism, and expressed willingness to work with the Maduro administration. Yet he has remained firmly on the right, and critical of the government. In the long term, this kind of moderate figure is exactly what the opposition movement needs if it wants to win power. Fringe extremists like lawmaker Maria Machado, Caracas Mayor Antonio Ledezma and Voluntad Popular’s Leopoldo Lopez should know they will increasingly become irrelevant as the opposition movement tries to win the centre. Their insurrectionist tactics and uncompromising fanaticism are relics of the last decade, and unappealing to both the moderate opposition and the wavering Chavistas they need.

Like the moderates, the extremist minority is pushing for Maduro to resign. However, they differ from the majority opposition in two respects.

Firstly, they are terrorists. The extremist fringe is willing to employ as much violence and chaos as possible to blackmail Maduro into surrender and terrorise the public. They’re armed, fanatical and they’re trying to provoke a bloodbath. For them, violence is just an additional lever to stall the revolution, along with applying pressure to middle ground voters. After all, if the government can’t maintain basic security on the streets, how can they possibly deal with the economy; let along deepen the revolution?

If they fail in their ultimate goal and Maduro doesn’t break, then the least they can do is continue obstructing the government.

Secondly, the fringe right-wing knows the sun is setting on them, and the current violence is an eleventh hour attempt to cling to political relevance and radicalise the moderates. So far, the vast majority of the opposition movement has failed to condemn the aggression of the extremists. Hence, if we are witnessing an attempted coup, it’s against Capriles and the moderate opposition strain he represents. Power hungry extremists like Machado, Ledezma and Lopez aspire to seize the reigns of the opposition movement. To them, Capriles has become meek and weighed down by two failed presidential bids. If they can provoke the bloodbath they desperately desire, they could replace the moderates as the dominant opposition force.

#2: What the Media Said, and Didn’t Say

Ewan Robertson

There have been mixed responses from both national and international media following Wednesday’s violence in Venezuela, which left three dead and several dozen wounded. In particular, there have been contradictory accounts of exactly what happened in the surrounds of the Attorney General’s office in Caracas, when an opposition activist, Bassil Alejandro Dacosta (24), and a Chavista social activist, Juan Montoya (40), were both killed by gunshots as armed groups emerged on the scene toward the end of the opposition’s march in the area.

Venezuelan media

Both state owned and independent pro-government outlets alleged that Wednesday’s violence, including the two murders which occurred near the Attorney General’s office, was planned by right-wing opposition leader Leopoldo Lopez and perpetrated by radical armed opposition groups. In a report titled “Right-Wing Shock Group Causes Death and Chaos”, Caracas-based newspaper Ciudad CCS further said that according to unofficial reports, Juan Montoya was shot from a nearby building, suggesting a premeditated attack. It also mentioned the presence of “violent motorbike riders” who “threw stones and large objects at the police and National Guard”.

Venezuelan media also reported Attorney General Luisa Ortega Diaz’s statement, which said that “political operators” and “50 hooded people” had appeared at the end of the opposition march and engaged in acts of violence against those present. Ortega said that the nature of the violence appeared “planned” by “fascists”, which suggests that she suspects that radical opposition groups were behind the crimes.

Several politically-neutral private Venezuelan media sources, such as newspaperUltimas Noticias and website Noticias 24, chose not to comment in detail on the events surrounding the violence. They reported the government’s and opposition’s reactions to the events, without attempting to attribute the violence to either side.

Some pro-opposition media outlets accused security forces and pro-government groups called colectivos of perpetrating violent acts and the murders yesterday. Conservative newspaper El Universal said that Montoya and Dacosta died from “shots by colectivos and SEBIN (the national intelligence service)”. National opposition newspapers El Nacional and Tal Cual made similar accusations, in editorials titled “Brutal Attack” and “Absurd Violence”, in which they claimed that police forces or colectivos (depending on the version) opened fire on anti-government protesters.

International media

Perhaps due to conflicting reports of Wednesday’s violence and with the official investigation just beginning, many international media outlets did not take a strong partisan line in their coverage. CNN Español wrote a rather neutral reportwhich didn’t document the violent events in detail, however mentioned both the government’s and radical opposition’s interpretations of the day. Meanwhile Spanish-language network Telesur, which is favourable to the Venezuelan government, led with a piece arguing that police involvement in yesterday’s killings was ruled out, however it also did not offer a conclusion as to who the assassins were. The article further lamented that, “The events yesterday reflect that the opposition has once again chosen the path of destabilisation”.

In English-language media, Reuters news agency wrote a fairly straightforwardarticle which despite having journalists on the scene, could only report that the two murders occurred in “chaotic scenes” during post-protest violence. The agency also mentioned the current division within the opposition between moderates and hardliners, and that violent hardliners have been blocking roads and creating unrest (although it didn’t mention that these groups are sometimes armed and attack civilians) as part of a strategy to try and force President Maduro from office.

Other international outlets took a more interpretive angle on yesterday’s violence, either tacitly or openly nodding to the opposition’s line of “authorities cracking down on peaceful student protesters”. Britain’s Sky News led its article with hard-line opposition leader Maria Corina Machado’s claim that two student protestors had been killed for “raising their voices” against the government. Associated Press’ (AP) piece, re-printed in a variety of sources such as Fox News, hinted the same line, leading with, “Armed vigilantes on motorcycles attacked anti-government demonstrators in Venezuela”. AP said the attackers were “unidentified”. The BBC meanwhile seems to have simply borrowed its article from Associated Press. The article de-contextualised yesterday’s events by omitting to explain the hard-line opposition’s “exit” strategy to force Maduro’s resignation, or the presence and actions of armed opposition radicals at protests in recent weeks. Al-Jazeera went further, stating what some other international media have implied but have not said due to lack of evidence, by writing of Wednesday’s violence, “Armed members of a pro-government vigilante group arrived on motorcycles and began firing at more than 100 anti-Maduro student protesters”.

Conclusion

As Venezuelan authorities begin to investigate those responsible for Wednesday’s violence, international media have suddenly turned their attention to events in the country. However these reports have often failed to explain the context of yesterday’s protests, such as the hard-line opposition’s “exit” strategy to try and force the government’s resignation, or the violent actions of radical opposition groups on city streets over the past week and a half building up to yesterday’s protests. Some reports also failed to mention the peaceful pro-government demonstrations that occurred on the same day.

Perhaps eager to brand the Venezuelan government with the “repressive” tag, at least a few international outlets have even suggested that Wednesday’s violence and deaths were due to “pro-government vigilantes” at a time when such a conclusion is far from clear, as the debate within Venezuela over the events highlights. In several of the articles the radical opposition’s violent actions, both on Wednesday and in recent days, have been whitewashed from the story. The BBC was a case in point. These outlets should be more responsible in their reporting so as not to mislead the global public on what is currently happening in Venezuela. As the radical wing of the opposition once again attempts to force the government’s “exit” through street actions and violence rather than more democratic mechanisms, accurate reporting will be key for international observers to understand this crucial political juncture for the country.

#3: A Complex Psychological War, and What This Means for the Bolivarian Revolution

Tamara Pearson

Over the past six weeks, since the opposition lost the municipal elections, and then after the Christmas and New Year period that followed, things have gotten worse here. Prices have skyrocketed, with shops charging the black market exchange rate rather than the official one, despite most of them buying products at the official rate. The usual products are scarce (hard to find, if not impossible: milk, oil, sugar, margarine, cornmeal) and a few more have been added to the list: mayonnaise, and most soaps. Metronidazol, for common gastric infections has also become scarce. There are alternatives to Metronidozal, and the reality is you can wash most things with cheap shampoo; you don’t need all the different dish and clothes soaps and so on. Most people also have most of the scarce products like sugar and margarine stocked up at home. In some barrios gas, for cooking, has been harder to get. The economic reality is a little bit tough, but what is tougher is the psychological effect all of this has on people. That feeling of insecurity, of not being sure you will be able to get the product you need, or be able to afford it. This causes people to form huge queues when a product does arrive, which in turn deepens the psychological impact. At the same time, the black market rate – not at all based on the real value of the bolivar – continues to climb, and there’s a ‘what if’ if one’s head… what if they manage hyperinflation?

On top of this, we have the media constantly lying about what is going on here and about what the government does, as well as the verbal abuse towards Chavistas on social networks. Then, over the last few weeks, in some parts of Venezuela, the most violent sectors of the opposition have been active. Here in Merida it started off with a few “students” blocking the main road; burning tires and garbage on it, and throwing rocks at anyone who tried to get close. They had no placards. From last Friday those protests escalated, both in terms of violence, people involved, and roads closed. It has been hard to get to school, work, and the hospital, and the frustration, inconvenience, and fear that comes with these sorts of actions combines with the aforementioned economic insecurity. The cacerolas (pot banging protests) that started last night in my barrio and in a few others here and in other cities also cause anxiety.

Sometimes, the extent to which these sorts of war of attrition strategies affect people depends on where you live or work. Many workplaces, for example, have access to Mercal food products. Other barrios are much calmer, and other parts of the country are peaceful.

Now, the government has made mistakes, but purchasing power has basically continuously risen until mid last year, and inflation has also been around the 15-30% mark until mid last year. The worsening of above measures since then are clearly intentional, both for their political aims and the fact that they drastically increase the wealthy sector’s profits. They came at a time when, with Chavez gone, the revolution was perceived to be more vulnerable. They are destructive measures that aim to wear people down and for collective fear and anxiety; three solid ingredients for paving the way for conservative forces. The political opposition may have lost all except one election in the last fifteen years, but the economic opposition is in a stronger position. And the hard thing about that opposition is they are less visible, and also seemingly less divided than the political opposition.

One consequence of this three pronged attack (economic, media, and violence) on the Bolivarian revolution is that the national government has been forced to go on the defensive; constantly trying to counter the price speculation, the media attacks and so on. Though the government has also tried to get on with things; with science programs, housing, cultural programs, the street government, and so on, too much of its effort has had to go into trying to just stay above water. Maduro emphasised in his address tonight (13 February) the importance of ruling by law – fair enough – yet it is hard to imagine this Law of Prices and the 30% profit limit being enforced in the thousands of shops in each city. If the grassroots were more organised to defend our rights, perhaps we could.

Maduro also said, “The most important thing is to keep governing, to keep working”. Most movement activists, mission workers, and public sector workers have been doing just that, despite the climate. At the alternative school where I teach for example, we’ve had all sorts of activists over the last few weeks coming and wanting to do workshops, mural painting, and help out. A group started a rehabilitation program, and the state foundation for science and technology met with us and provided us with a worker for our computing and internet room. However, in this sort of climate it is still harder to deepen revolutionary organisation in the way that we’d like.

The question is how this will work out in the long term. While perhaps a few Chavistas, affected by the real drop in purchasing power, might tire and change sides, most people are firm in their convictions, with government supporters largely (but often with constructive criticism) believing the public press, and opposition supporters believing (and being manipulated by) the private media. It seems unlikely that the far right, violent sector of the opposition will achieve its goal of forcing Maduro to resign, yet it is also hard for the revolution to move forward. At worse, it could be seen as a kind of checkmate, and at best, a determined revolution that is being slowed down, but little by little is actually building the communes and worker run production units, and so on, that it would like. On the one hand, the level of organisation of the bases here is incredible, but organisations tend to work (very hard) in their own trinchera – trench, and there is a lack of real regional and national articulation between the bases. As we’ve seen in 2002/3, situations like this don’t have to make things worse, they can be the crisis that pushes grassroots and national politics to radicalise, however this lack of broader articulation makes that difficult, if not impossible.

Venezuela’s Maduro Holds Mass Rally to Reject Violence as Protests Continue (+video)

Venezuela’s Maduro Holds Mass Rally to Reject Violence as Protests Continue (+video)

Mérida, 16th February 2014 (Venezuelanalysis.com) – Thousands of government supporters gathered yesterday in Caracas to call for “peace” after violent clashes left three dead on Wednesday. Opposition leader Henrique Capriles today called supporters to gather for a national march “against paramilitaries and violence”.

Venezuelan president Nicolas Maduro held the mass rally to reject the violent incidents at some opposition protests in recent weeks. The worst of the violence occurred in Caracas on Wednesday, when clashes left three dead and several dozen wounded. There are conflicting accounts as to exactly what happened.

Maduro used yesterday’s gathering to attack what he called a “coup plot” by the far right opposition, and to promote his “national pacification plan” to reduce crime and tackle political violence. He told supporters that to construct peace in Venezuela, political differences should be settled through a battle of ideas, not arms.

“We call on all Venezuela to combat in the streets with ideas, with values, in high quality debate, with respect for people’s rights, without violence,” Maduro declared.

The Venezuelan president also warned extremist groups within Chavismo that violent acts would not be tolerated. The opposition has accused such groups of involvement in Wednesday’s deadly clashes.

“I want to say clearly: someone puts on a red t-shirt with Chavez’s face and takes out a pistol to attack, isn’t a Chavista or a revolutionary. I don’t accept violent groups within the camp of Chavismo and the Bolivarian revolution,” Maduro stated.

“If you want to have arms to fight…get out of Chavismo,” the president warned, stating that security forces are the only organisations that should possess guns in Venezuela.

Maduro also said that violent opposition members had perpetrated attacks on the Attorney General’s office on Wednesday, and said those responsible for the day’s violent acts would be brought to justice.

“The people want justice, justice against fascism and violence. There’s going to be justice…fascism is fought with the law, justice and severe punishment,” he said.

Venezuela’s Attorney General, Luisa Ortega Diaz, has said that investigations into Wednesday’s violence and murders are underway, and that “no one can be accused until the results of the investigation are obtained”.

Authorities are still searching for opposition leader Leopoldo Lopez, who they want to charge for his alleged involvement in Wednesday’s violence. Lopez had been leading a campaign called “the exit” to force President Maduro’s resignation, and is reportedly still in the country.

Protests continue

Student-led opposition protests continue in Venezuela, although with reduced numbers and intensity compared to Wednesday. Opposition supporters complain about issues such as crime, inflation and shortages, and many have demanded the president’s resignation.

Violent sectors of the opposition have also committed a variety of violent acts at some protests in recent weeks. In the city of Mérida, a focal point of recent protests, Venezuelanalysis.com observed them setting up burning barricades, throwing stones, and threatening civilians at gunpoint.

Peaceful opposition protests took place in several Venezuelan cities yesterday, including Mérida, San Cristobal, Maturin and Puerto Ordaz. However, a protest in the Chacao area of Caracas last night turned violent, with some 500 stone-throwing rioters causing damages to a state-owned bank, a government bus and a Supreme Court office. The opposition leader of the municipality, Ramon Muchacho, condemned the “violence and vandalism” of those involved.

According to local press reports the National Guard used tear gas and pellets to contain the rioters, leaving a toll of 17 wounded and 2 arrested.

Venezuela’s internal affairs minister, Miguel Rodriguez, said in a statement today that of 120 people arrested during recent protests, only 14 remain in custody, to be charged with specific acts of vandalism and violence.

“We have always acted in respect of human rights…when protests have been peaceful and within the law, the PNB (National Bolivarian Police) have protected the safety of these youths,” the minister’s statement read.

Rodriguez also accused Henrique Capriles, the opposition governor of Miranda state, of “passing the buck” and not acting to control violent street actions in his jurisdiction, leaving the task to the national government instead.

Capriles calls national march

In a press conference today, Henrique Capriles distanced himself from the actions of violent opposition groups, referring to them as “infiltrators”. “Let’s isolate the infiltrators…we reject violence wherever it comes from,” he said.

“Legitimate peaceful protest must be orientated. It must be given a focus,” the former presidential candidate added. Capriles then called for a national opposition march “against paramilitaries and violence”, saying he would announce the time and location soon. He added that he was in “solidarity” with Leopoldo Lopez, despite the differences they had about opposition strategy.

Finally, Capriles attacked what he called government “censorship” of recent protests, referring to the blocking of Colombian channel NTN24 from transmitting on Venezuelan cable services. Maduro said NTN24 was trying to promote “anxiety” in the population to promote a state coup “like April 2002”.

The Venezuelan opposition has also accused the government of blocking twitter users from seeing online images following Wednesday’s violence. Bloomberg reported yesterday that a twitter spokesperson had confirmed the claim.

However the government’s telecommunications company CANTV “emphatically and categorically” denied the accusation. It said the servers responsible for twitter are located outside of Venezuela, and a similar problem with loading online images on Wednesday had occurred in several countries.

A check by Venezuelanalysis.com of twitter within Venezuela encountered a problem loading accounts on Thursday evening, however it was not clear if this was an isolated incident or not. Checks on Friday, Saturday and Sunday have found twitter working as normal, with the accounts of far-right opposition figures active and images posted to those accounts loading without a problem.

Today information minister Delcy Rodriguez hit out at opposition social media activists for misusing and manipulating images which are then picked up by foreign media to mislead the public on events within Venezuela.

Examples given in her presentation included ABC’s use of a photo showing police attacking a protestor in Egypt, and claiming it was example of a protest in Venezuela. In another case, opposition social media activists used a photo of police dragging a student away during a protest in Chile, and claimed it was from Venezuela’s current protests.

Rodriguez also presented footage which showed attacks against the headquarters of state channel VTV by radical opposition activists for the previous four nights. The video showed people setting up burning barricades outside the station and throwing Molotov cocktails at the building.

Below is an interview with George Ciccariello-Maher on Al-Jazeera America about Saturday’s rally and the general political situation in Venezuela