Le Congrès hondurien ratifie le retrait de l’ALBA
Le régime putschiste de Roberto Micheletti est parvenu, mardi le 12 janvier, à faire approuver par le Congrès hondurien le retrait du pays de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA). La principale raison invoquée pour justifier ce retrait est l’intrusion idéologique et militaire du président vénézuélien Hugo Chavez qui a vraisemblablement provoqué les États-Unis et les élites honduriennes à mener le coup d'État de juin dernier envers Manuel Zelaya.
Lors d’une réunion du Conseil des ministres du 15 décembre dernier, Gorileti avait annoncé l’envoi au Congrès d’un projet visant à retirer le pays de cette organisation. Celui-ci a été ratifié malgré l’opposition de plusieurs députés du Parti libéral, partisans du président déchu Manuel Zelaya, ainsi que des cinq députés du Parti de gauche «Unificación democrática». Notons qu'en novembre dernier, des élections ont été tenues par le gouvernement putschiste. Élections qui ont été acceptées par des pays tel qu'Israël, la Colombie, le Pérou et les États-Unis et condamnées, entre autres, par les pays membres de l'ALBA. La présence militaire accrue, le harcèlement constant envers les militants et militantes, de même que l'absence d'observateurs internationaux a fortement délégitimé ces élections, d'autant plus que le gouvernement au pouvoir n'était pas légitime!
Rafael AlegrÃa, leader paysan, a dénoncé ce retrait, signalant que le Honduras a reçu plusieurs bénéfices de l’ALBA, «spécialement pour les grandes majorités de notre pays : plus de 2000 compatriotes ont été opérés gratuitement pour la vue, les paysans ont reçu des tracteurs pour labourer la terre et les petites entreprises ont bénéficié de financement.» Des foules continuent leurs manifestations dans les rues du Honduras contre le gouvernement illégitime de Porfirio Lobo Sosa et les militants et militantes continuent de s'organiser.
Selon les autorités du ministère des Finances, le pays devra rembourser une dette de 80 millions $US à l’organisation, ce qu’elle envisage de faire sur une période de 23 ans. Roberto Micheletti a toutefois précisé que le Honduras demeurerait membre de Petrocaribe, un autre projet vénézuélien qui lui permet d’obtenir des combustibles à des conditions préférentielles.
Le président Manuel Zelaya, victime d’un coup d’État le 28 juin dernier, avait fait entrer son pays dans l’ALBA le 28 août 2008. L’organisation demeure composée par la Bolivie, Cuba, l’Équateur, le Nicaragua, le Venezuela, la Dominique, Antigua-et-Barbuda et Saint-Vincent-et-les-Grenadines, en plus de continuer à condamner le coup d'État de juin 2009 et les élections de novembre 2009.
Écrit par le Centre d'études interaméricaines et commentée par Stéphanie Vaudry
Sources:
«Alba deja $80 millones en deudas para Honduras», La Tribuna (Honduras), 13 janvier 2010.
«Honduras fuera del Alba tras ratificación de decreto por Congreso de facto», Agencia Bolivariana de Noticias, 13 janvier 2010.
«Honduras sale del ALBA», America Económica, 13 janvier 2010.
«Régimen de facto retiró a Honduras del ALBA», Ansa Latina, 13 janvier 2010.
"Honduras : Le Front national de Résistance toujours en lutte commence l’année par une manifestation massive", Via Campesina Honduras, 10 janvier 2010.